Embolie pulmonaire

Causes et facteurs de risque 
Les manifestations et symptômes 
Que peut-on faire soi-même? – Prévenir 
Quand faut-il appeler le médecin? 
Autres informations et adresses 

Terminologie

  • Embolie: Oblitération brusque d’un vaisseau sanguin ou lymphatique par un corps étranger entraîné par la circulation sanguine. Un tel corps étranger est la plupart du temps un caillot (thrombus) qui s’est formé ailleurs et qui se détache entièrement ou en partie du lieu où il s’est formé en empruntant le flux sanguin pour émigrer dans l’organisme. Adjectif: embolique.

  • Hémodynamique: qui se rapporte aux conditions mécaniques de la circulation du sang. Différentes forces s’exercent sur le sang et en garantissent la répartition dans l’organisme.

  • Récidive: Réapparition d’une maladie, «rechute».

  • Disposition: Sensibilité particulière à faire une maladie. Participe et adjectif: disposé.

  • Anticoagulation: «Dilution du sang», inhibition médicamenteuse de la coagulation sanguine.


L’embolie pulmonaire est provoquée par une obstruction aiguë d’une artère du poumon. L’obstruction est pratiquement toujours due à un caillot de sang (embole) ou thrombus (thrombose) qui s’est formé dans une veine de la jambe ou de l’abdomen (veine cave inférieure) d’où il a migré avec la circulation sanguine dans l’artère pulmonaire.

La partie du poumon coupé de la circulation sanguine ne participe plus à l’absorption de l’oxygène et à l’élimination du dioxyde de carbone (échange gazeux) et le tissu devient vite le siège d’une inflammation (pneumonie). Une grande embolie pulmonaire a en plus une signification hémodynamique, car le sang n’est véhiculé que difficilement par les parties encore saines du poumon, ce qui a pour effet de surcharger de manière aiguë la partie droite du coeur.

Grâce à une thérapie rapide, on peut fortement baisser le chiffre de mortalité, mais l’embolie thrombotique fait cependant partie des causes les plus fréquentes de mortalité chez les personnes alitées. En Allemagne on estime le nombre annuel des décès à 20'000 à 30'000. Les femmes font plus souvent une embolie pulmonaire que les hommes. La récidive (l’embolie à répétition) se situe aux environs de 30%.

Il est plus rare de trouver des obstructions dans les capillaires des poumons (les plus petits vaisseaux sanguins) provoquées par des particules de tumeurs, des gouttes de graisse, des bulles d’air ou des corps étrangers (cathéters déchirés de veine) et qui en s’échappant dans la circulation sanguine arrivent finalement dans les poumons. Selon leur consistance, on parle d’embolie de cellules tumorales ou d’embolie graisseuse ou d’embolie gazeuse ou encore d’embolie causée par un cathéter. Lorsque des cellules tumorales sont véhiculées par le flux sanguin dans les poumons, il ne s’y produit pas d’embolie, mais, un peu plus tard, des métastases pulmonaires peuvent s’y développer.

Causes et facteurs de risque

En règle générale, la cause est le détachement d’un morceau d’embole ou thrombus dans une veine.

Les facteurs de risque d’une embolie pulmonaire sont presque identiques à ceux d’une thrombose veineuse, car ce sont la plupart temps des thromboses de la partie inférieure du corps qui sont à l’origine d’une embolie pulmonaire.

  • Les opérations dans la région de l’abdomen ou sur les jambes. Pour cette raison, on administre à de nombreux patients après une opération des médicaments anticoagulants.

  • Le manque de mouvement (le fait d’être alité, d’être longtemps assis en voyage par avion), paralysie alterne.

  • Les varices.

  • Un important surpoids.

  • La grossesse et la période après l’accouchement.

  • La prise d’oestrogènes, en particulier chez les personnes qui fument.

  • Les tumeurs cancéreuses et quelques maladies du sang.

  • Un âge avancé, un terrain familial qui prédispose, le sexe féminin.

Les manifestations et symptômes

Les petites embolies pulmonaires peuvent provoquer une toux passagère ou une perte de connaissance de courte durée. Il n’est pas rare qu’elles soient les signes avant-coureurs d’une embolie pulmonaire grave qui peut mettre la vie en danger.

Une embolie massive représente un événement mettant la vie en danger. Les premiers signes sont parfois difficiles à distinguer d’un infarctus de myocarde. Ce sont une dyspnée qui se manifeste de manière aiguë accompagnée de douleurs oppressantes dans le thorax à chaque respiration, des palpitations du coeur, des accès de sueurs, un sentiment d’oppression et d’angoisse mortelle. Les lèvres et les muqueuses peuvent prendre une coloration bleutée suite au manque d’oxygène. De la toux, des expectorations sanguinolentes et de la fièvre surviennent plus tard.

Lorsqu’un patient quitte l’hôpital, en particulier après une opération, il n’est pas à l’abri d’une thrombose profonde, non décelée et du risque d’embolie. Raison pour laquelle, il doit continuer à prendre des médicaments anticoagulants pendant un temps assez long (le cas échéant durant plusieurs mois).

Complications, séquelles

  • Suite à l’interruption brusque de la circulation sanguine dans un poumon, le ventricule droit pompe en se heurtant à une résistance. Si l’embolie pulmonaire s’étend, le coeur est surmené, il y a risque de défaillance du coeur et d’issue fatale.

  • Pneumonie et pleurésie sont les séquelles d’une circulation sanguine et d’une respiration amoindries.

  • Un infarctus pulmonaire se produit si le tissu pulmonaire séparé de l’approvisionnement sanguin se nécrose.

Que peut-on faire soi-même? – Prévenir

Prévenir une embolie pulmonaire signifie diminuer les facteurs qui favorisent la thrombose:

  • Une activité physique favorise la circulation sanguine dans les jambes et permet de prévenir les varices ainsi que les thromboses. Pour les personnes qui de par leur profession sont longtemps debout à la même place (les vendeurs et vendeuses) et qui de plus souffrent d’autres facteurs de risque (surpoids, varices), il est recommandé de porter des bas de contention, même en été. Il faut se mouvoir régulièrement, lors des longs voyages ou si l’on travaille assis (au bureau, en avion ou en voiture), se lever souvent, faire de la gymnastique ou relever de temps en temps les jambes. Les applications Kneipp ont aussi un effet prophylactique.

  • Le fait d’être assis à l’étroit et sans bouger par exemple lors d’un voyage de long vol, peut provoquer des thromboses dans les veines des jambes et du bassin et du même coup une embolie pulmonaire, même après le voyage. Cet événement est tellement typique que l’expression «Economy-class-Syndrom» a été forgée pour le décrire. En cas de risque concret, il faut discuter avec le médecin l’anticoagulation prophylactique.

  • Ne pas fumer, surtout lorsqu’on prend la «pilule» ou d’autres hormones féminines.

  • Anticoagulation: Chez les personnes présentant des facteurs de risqsue (varices, maladies cardio-vasculaires, anciennes thromboses, opérations, le cas échéant une adiposité) il faut envisager un traitement anticoagulant à court ou à long terme. Cela doit cependant se faire sous contrôle médical.

  • Opération: En cas de varices prononcées, l’intervention chirurgicale est recommandée. Une varice enlevée ne peut plus thromboser.

Quand une thrombose s’est formée malgré tout

  • Prendre scrupuleusement les médicaments prescrits.

  • Bander les jambes et porter des bas de contention.

  • Eviter les efforts brusques, éviter de se lever de manière abrupte ou de pousser très fort (en allant à selle).

  • Repos au lit, si le médecin l’a prescrit.

Quand faut-il appeler le médecin?

Une embolie pulmonaire est toujours dangereuse et doit être traitée d’urgence. Dès le premier soupçon, il faut appeler tout de suite le médecin ou se rendre à l’hôpital.

Pour s’assurer du diagnostic, on dispose d’un certain nombre d’analyses de laboratoire, de différentes méthodes (radiographie, tomographie informatisée, tomographie par résonance magnétique, scintigraphie) et d’examens du coeur (ECG).

Traitement

On commencera le traitement en fournissant de l’oxygène avec des médicaments anticoagulants («pour diluer le sang») et selon la taille de l’embole et du temps dont on dispose, on peut essayer de dissoudre le caillot à l’aide de médicaments (thrombolyse).

Dans les centres spécialisés, il est possible, à l’aide d’un cathéter, de réduire l’embole en petits morceaux et de l’enlever.

Autres informations et adresses

Auteurs: Dr Ute Hopp, Pr Dr Jürg Baltensweiler
Traduction: Gérard Gullung
Illustrations: Monsieur Eduard Imhof, Lucerne

Dernière actualisation: 15.10.2009
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