Cancer de l’estomac, carcinome de l’estomac, l’adénocarcinome gastrique

Causes et facteurs de risque 
Les manifestations 
Que peut-on faire? – Prévenir 
Quand faut-il consulter? 
Autres informations et adresses 

Le cancer de l’estomac est une tumeur maligne qui part de la muqueuse gastrique. Il transperce peu à peu la paroi stomacale, envahit les vaisseaux sanguins et lymphatiques et devient le point de départ de nombreuses métastases vers différents organes. Depuis quelques années  le nombre de nouveaux cas diminue en Europe.

Le danger du carcinome de l’estomac vient avant tout du fait qu’il reste souvent longtemps inaperçu et ne se découvre qu’au stade avancé. Comme les premiers symptômes ne sont pas spécifiques ou sont absents, il existe souvent déjà au moment du diagnostic des métastases dans les ganglions lymphatiques les plus proches et dans le foie.

Le cancer de l’estomac se manifeste la plupart du temps après la cinquantaine. Ce sont surtout les hommes qui en sont affectés plutôt que les femmes, sans doute à cause de leurs habitudes de boire et de fumer. L’alimentation joue également un rôle déterminant. Si la tumeur est décelée à temps et traitée, le pronostic est relativement favorable, mais il est nettement plus défavorable si la thérapie intervient avec du retard.

Causes et facteurs de risque

Les causes ne sont pas très évidentes. Facteurs génétiques, influence de l’environnement et certaines affections antérieures sont des éléments qui jouent certainement un rôle, mais une cause fréquente est aussi l’inflammation chronique de la muqueuse gastrique (Gastrite), provoquée surtout par les mauvaises habitudes de manger et de boire. C’est ainsi que le cancer de l’estomac est très souvent associé à une alimentation riche en aliments fumés, fortement grillés et salés. Les autres irritations chroniques et inflammatoires sont dues aux alcools forts et à la fumée (au fait d’avaler de la salive imprégnée de goudron et de nicotine).

Un autre risque accru de cancer  relève des ulcères d’estomac, des polypes gastriques, de la sous-alimentation et de certaines formes d’anémie.

Les manifestations

Il n’existe malheureusement pas de signes précoces, ce qui fait que la maladie est souvent déjà très avancée lorsque se manifestent les premiers symptômes. Les troubles sont en plus au début la plupart du temps non spécifiques.

  • Les signes qui mettent immédiatement en cause l’estomac sont les suivants:
    manque d’appétit, perte de poids rapide et inexpliquée, nausées, renvois, dont l’odeur rappelle la pourriture et la mauvaise haleine. Une sensation d’oppression dans la cavité abdominale supérieure et le fait de ne pas supporter certains aliments, en particulier une aversion vis-à-vis de la viande et de la charcuterie. Les séquelles en sont de la fatigue et une baisse de performance.

  • Il arrive souvent que l’adénocarcinome gastrique se mette à saigner. Dans les cas plus légers, il se produit une anémie chronique. On trouve alors des traces de sang dans les selles, ou bien ces dernières sont d’une couleur noire du fait que le sang a été digéré (selles goudronnées).
    Les saignements aigus provoquent des vomissements de sang, un choc et un arrêt de la circulation sanguine.

  • Les métastases de l’adénocarcinome gastrique dans d’autres organes peuvent survenir très tôt et sont très fréquentes, en particulier dans le foie (métastases du foie). L’accumulation ascitique de liquide dans la cavité péritonéale (ascite) indique en même temps que le cancer a dépassé la région de l’estomac et a atteint d’autres organes de l’abdomen ainsi que le péritoine.

Particularités de différentes localisations:

  • Si le carcinome se situe à l’entrée de l’estomac, il provoque parfois des troubles de la déglutition. Un morceau avalé ne glisse plus dans l’estomac mais est régurgité et recraché.

  • Si le carcinome se situe à la sortie de l’estomac, il en est tout autrement. S’il se produit à cet endroit une sténose, c’est-à-dire un rétrécissement dû à la croissance de la tumeur, les aliments ingérés stagnent longtemps dans l’estomac et ne parviennent que très lentement dans les intestins. Il en résulte des brûlures d’estomac, une sensation de trop plein, des nausées, des vomissements. Le vomi contient des aliments non digérés et ingérés plusieurs jours auparavant.

Que peut-on faire? – Prévenir

Prévenir

Les mesures possibles sont partiellement hypothétiques et se basent sur la diminution des facteurs de risque. On peut cependant retenir un certain nombre de points:

  • Une alimentation riche en fruits, en légumes et en vitamine C a sans doute un effet protecteur.

  • Les affections inflammatoires comme l’infection de l’estomac par le germe de l’ Helicobacter pylori exigent un traitement conséquent.

  • Les inflammations chroniques de la muqueuse sont un facteur de risque pour le cancer de l’estomac. L’alcool concentré (eaux de vie), l’abus d’alcool  et le fait de fumer beaucoup doivent être évités, ainsi que la viande fumée ou salée et les aliments fortement grillés. Ces derniers contiennent des nitrosamines cancérigènes.

Reconnaissance précoce

Pour reconnaître à temps un cancer de l’estomac parmi les affections familières ou  d’autres facteurs favorables comme l’inflammation chronique, il est recommandé de se soumettre à partir de la 45e année et à intervalles réguliers à une gastroscopie; celle-ci doit être effectuée tout de suite en cas de symptômes gastriques.

Après une gastrectomie partielle ou totale

  • Il est préférable en règle générale de prendre souvent de petits repas. Les aliments qui conviennent le mieux sont ceux qui sont riches en protéines et en glucides complexes (le pain, les produits à céréales complètes)

  • Il faut renoncer au sucre raffiné ou aux „sucreries“, au lait et aux aliments très épicés, très sucrés, qui provoquent des ballonnements. Cela permet d’éviter au moins partiellement les réactions désagréables du système cardio-vasculaire ou de l’hypoglycémie (syndrome du dumping). Ces réactions se manifestent par une accélération du pouls, de l’hypotension, des vertiges, des sueurs ainsi que des tremblements et de l’agitation. Elles surviennent lorsque des substances solubles présentes dans l’alimentation tirent du liquide à partir de la circulation sanguine dans les intestins ou lorsque le taux de sucre baisse trop vite et trop fort.

Quand faut-il consulter?

Si après la quarantaine, vous ressentez des troubles chroniques pouvant relever de l’estomac, il faut impérativement consulter un médecin. Plus vite la tumeur maligne sera détectée et traitée, meilleures seront les chances de guérir.

L’élément principal du diagnostic est la gastroscopie. Elle consiste à introduire une fibre de verre flexible, munie d’un éclairage et d’un système optique, dans la bouche jusque dans l’estomac. Elle permet d’explorer complètement l’intérieur de l’estomac et de prélever sur les endroits suspects des échantillons de tissu pour un examen au microscope. Les ultrasons (échographie), la tomographie ou imagerie par résonance magnétique (TRM ou IRM) et la tomographie par ordinateur (CT) peuvent donner des indications à propos des métastases dans les ganglions lymphatiques et d’autres organes situés dans la cavité abdominale, mais aussi sur les excroissances de la tumeur dans les organes voisins. Tous ces procédés servent à localiser la tumeur pour examiner la possibilité de l’opérer et en évaluer les chances de réussite.

Le traitement consiste essentiellement à opérer.

  • Si l’opération est techniquement possible, on enlève complètement l’estomac ou seulement une partie de l’estomac. La chimiothérapie permet parfois de diminuer certaines grosses tumeurs avant l’intervention chirurgicale.

  • Si l’estomac a été enlevé en totalité, il faut compter avec un certain nombre de carences; une perte constante de poids pouvant aller jusqu’à 20% comparé au poids du passé, n’est pas inhabituel. Il faut injecter régulièrement de la vitamine B12 et à l’occasion aussi d’autres vitamines. Il existe cependant des personnes pour lesquelles l’ablation de l’estomac ne leur cause presque pas de perte de performance.

  • Si le carcinome ne peut être complètement enlevé, il est possible de ponter ou de contourner certains endroits un peu étroits. Mais de telles opérations palliatives ne guérissent pas la maladie.

Autres informations et adresses

  • Fondation KOSCH
    Coordination et promotion de groupe d’entraide en Suisse
    Laufenstrasse 12
    4053 Bâle
    Tél. 061 333 86 01
    Fax 061 333 86 02
    gs@kosch.ch
    www.kosch.ch

  • Ligue suisse contre le cancer
    Effingerstrasse 40
    Case postale 8219
    3001 Berne
    Tél. 031 389 91 00
    Fax 031 389 91 60
    info@swisscancer.ch
    www.swisscancer.ch

Auteurs: Dr Ute Hopp, Pr Dr Jürg Baltensweiler
Traduction: Gérard Gullung
Illustrations: Monsieur Eduard Imhof, Lucerne

Dernière actualisation: 13.11.2008
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