Hyperplasie de la prostate, hypertrophie prostatique, troubles de la prostate

Cause 
Les manifestations 
Que peut-on faire ? 
Quand faut-il consulter ? 
Prévenir 

L’hyperplasie de la prostate est l’une des maladies les plus fréquentes des hommes avancés en âge. Déjà à partir de la 45e année et même avant, l’organe grossit peu à peu suite à une multiplication du tissu musculaire et des cellules des canaux de la glande. L’hyperplasie bénigne de la prostate (BPH) est un adénome bénin qui n’a rien à voir avec le cancer de la prostate, mais une hyperplasie de la prostate peut précéder la formation d’un cancer.

Anatomie
La prostate est une glande située à la sortie de la vessie qui, chez un homme jeune, a la forme et la taille d’une châtaigne entourant l’urètre. Son rôle consiste à fabriquer la plus grande part du liquide ou plasma séminal à partir duquel le sperme est formé. Les sécrétions prostatiques favorisent la mobilité des cellules du sperme ou spermatozoïdes.

Les autres termes pour décrire le même phénomène sont „l’adénome de la prostate“ et „l’hypertrophie de la prostate“. Cette dernière désignation n’est pas tout à fait correcte, mais elle est souvent utilisée dans le langage courant.

Cause

La cause de cette augmentation de volume n’est pas tout à fait élucidée. Il semble évident qu’elle est due aux modifications liées à l’âge et qu’elle concerne également l’équilibre hormonal.

Les manifestations

L’hyperplasie provoque un rétrécissement progressif de l’urètre ce qui équivaut à un obstacle mécanique à l’évacuation de l’urine. Elle peut en outre provoquer une irritation de la vessie. La taille de la prostate et l’étendue des troubles ne sont pas directement en corrélation. On peut constater au début les phénomènes suivants:

  • la miction est longue à venir

  • le jet urinaire est affaibli, d’où une durée prolongée du processus d’évacuation de l’urine, suivi d’un écoulement goutte à goutte

  • évacuations répétées de petites quantités d’urine, surtout la nuit

  • une irritation du côté de la vessie avec une envie impérative d’uriner, c’est-à-dire une envie irrésistible d’uriner tout de suite

  • plus rarement : une douleur au moment de la miction

Les signes d’une affection à un stade plus évolué:

  • Vidange incomplète de la vessie
    Il reste de l’urine dans la vessie dont le volume peut être de 0,5 décilitres jusqu’à 1,5 litres, dans le cas extrême. Les quantités plus grosses sont ressenties comme désagréables. Elles ont pour conséquence que l’envie d’uriner revient très vite et que l’urine se met à couler goutte à goutte à la fin de la miction.
    Cette urine résiduelle n’est pas sans danger: La vessie se distend de plus en plus en favorisant la formation de calculs urinaires (calculs urinaires) et une infection des voies urinaires chronique.

  • Débordement de la vessie
    Elle se manifeste par un écoulement continu de gouttes d’urine depuis la vessie qui ne peut plus se vider complètement de manière active. La paroi de la vessie excessivement distendue peut même saigner.

  • Rétention d’urine aiguë
    ou impossibilité complète d’évacuer l’urine malgré une vessie entièrement remplie et une envie d’urine très pénible. Il s’agit là d’un cas d’urgence dramatique qui peut survenir à chaque stade de la maladie, le plus souvent en cas d’hyperplasie de la prostate à un stade avancé.

Complications:
SuiSsss Suite au remplissage excessif et permanent de la vessie, l’urine peut refluer jusque dans les reins en provoquant une distension des voies urinaires et du bassinet et évoluer en pyélite ou inflammation aiguë ou chronique de la muqueuse qui tapisse le bassinet et les calices des reins pour aboutir au stade final de l’insuffisance rénale. Les autres complications sont l’abcès de la prostate, la septicémie („empoisonnement du sang“) ou l’urémie (infection généralisée partant des voies urinaires), lorsque des bactéries pénètrent dans le sang à partir des voies urinaires infectées.

Que peut-on faire ?

Beaucoup de mouvements et un bain chaud facilitent la vidange de la vessie.

Les troubles de la prostate sont amplifiés par une position assise prolongée, par les mets épicés, par la consommation d’alcool, la constipation, le froid et certains médicaments, autant de facteurs que l’on peut assez facilement éliminer.

A un stade précoce de la maladie, certains médicaments à base de plantes peuvent provisoirement calmer les troubles. L’extrait d’ortie semble exercer un effet décongestionnant sur la glande. L’effet des médicaments sur la taille de la prostate ne semble pas certain, ils n’ont guère qu’un effet de retardement sur l’intervention chirurgicale.

Remèdes de famille et autres mesures en cas de troubles de la miction

  • Appliquer des compresses à base d’herbes ( fleurs de foin, graines de lin) sur le bas ventre

  • Bains de siège à base de prêle des champs, la température de l’eau étant de 38°, en essayant de vider la vessie dans le bain

  • Bain de pied chaud; ajouter une poignée de sel ou de cendre de bois dans l’eau chaude

En cas de rétention d’urine complète et aiguë, les remèdes de famille seront seulement utilisés jusqu’à l’arrivée du médecin. Ce dernier va essayer de vider la vessie „par le bas“ à l’aide d’un cathéter ou, si ce dernier procédé est impossible, „par le haut“ en ponctionnant la vessie au-dessus du pubis.

Quand faut-il consulter ?

Il est recommandé de se soumettre à un contrôle annuel à partir de la cinquantaine, même en l’absence de troubles, afin de pouvoir déceler une modification maligne éventuelle (cancer de la prostate) à son stade précoce.

Pour diagnostiquer une hyperplasie de la prostate, on procède à son exploration par toucher rectal. Le médecin mesure ensuite la puissance du jet d’urine en millimètres par seconde et à l’aide d’une sonde à ultrasons la taille de la glande et le volume de l’urine résiduelle.

Une fois ces données rassemblées, le médecin va décider de la thérapie à appliquer. On peut dire qu’en règle générale l’opération est recommandée en cas de troubles personnels importants (nuits agitées, écoulement d’urine), lorsque la quantité d’urine résiduelle dépasse les 100 ml, quand on constate à plusieurs reprises du sang dans les urines, en cas de troubles rénaux, de calculs urinaires ou après une rétention d’urine.

L’intervention chirurgicale
consiste dans l’ablation de la partie de la glande qui entoure et rétrécit l’urètre (prostatectomie partielle); cette ablation peut se faire de manière conventionnelle à partir d’une ouverture pratiquée dans le ventre ou plutôt à travers l’urètre (transurétral), procédé qui a de nos jours la préférence. Il existe différentes méthodes d’intervention transurétrale, par ex. l’utilisation de l’énergie haute fréquence, le laser, les micro-ondes ou les ondes des fréquences radio.

Après une opération de la prostate
Le liquide séminal reflue vers la vessie et ne s’écoule plus vers l’extérieur ce qui entraîne une incapacité à procréer. L’éjaculation reste „sèche“. Par contre, l’effet négatif de l’opération sur l’érection et l’orgasme (faiblesse de l’érection) est plutôt rare. Ces manifestations relèvent plutôt des modifications dues à l’âge avancé. Il est encore plus rare de constater une incontinence urinaire passagère ou durable.

Avis: Même après l’opération, suite à une hyperplasie bénigne de la prostate, l’apparition ultérieure d’un cancer de la prostate reste possible. Il est donc vivement recommandé de continuer à se soumettre à des contrôles urologiques réguliers.

Prévenir

Des mesures prises à temps permettent de réduire le risque de complications sans toutefois empêcher le grossissement de l’organe.

Auteurs: Dr Ute Hopp, Pr Dr Jürg Baltensweiler
Traduction: Gérard Gullung
Illustrations: Monsieur Eduard Imhof, Lucerne

Dernière actualisation: 06.3.2007
ABC de la santé
Questions

recherche plein texte


0 0 0 0 0 0 0 0
 

Calculer mes
primes

 

Serviceline: 0844 277 277 - Service d'urgence & Conseil médical 24/24h: +41 (0)58 277 77 77
©2010 CSS Assurance – INTRAS – ARCOSANA – AUXILIA | Aspect juridique