Typhus et ParatyphusLes causes Les manifestations Que peut-on faire ? Quand faut-il consulter ? Prévenir Autres informations et adresses
Le typhus et le paratyphus sont deux maladies dues aux salmonelles (bactéries).
Elles se manifestent par une très forte fièvre et affectent de nombreux organes.
En Suisse, les cas de typhus ne se rencontrent que de manière sporadique,
environ 40 cas par an.
Le typhus est beaucoup plus fréquent dans les pays en voie de développement,
surtout en Asie du sud-ouest, dans certaines parties d’Afrique et d’Amérique du sud, raison pour laquelle
on le classe aussi parmi les maladies des tropiques. Des estimations nous indiquent qu’à travers le
monde ce sont tous les ans environ17 millions de personnes qui souffrent du typhus dont environ 600'000
en meurent. La mortalité a été fortement réduite grâce aux antibiotiques.
En dehors des agents pathogènes du typhus et du paratyphus, il existe
un nombre important d’autres types de salmonelles qui sont à l’origine d’entérites aiguës fréquentes
(entérite) avec des diarrhées et des vomissements, mais dont les effets sur le gros
intestin restent limités. Toutes ces maladies sont appelées „salmonelloses“.
Typhus exabthémtique Il
faut faire une distinction entre le typhus abdominal, le paratyphus et le typhus exanthématique
ou typhus européen à poux (typhus épidémique). Le typhus
exanthématique est dû à un autre agent pathogène (Rickettsia prowazecki), qui se transmet à l’homme
par la piqûre ou les déjections de poux infectés. Cet agent est responsable de certaines épidémies dans
les collectivités où l’hygiène est défectueuse: soldats au front, détenus dans les camps. La maladie
provoque une forte mortalité. Aucun cas n’a été enregistré au cours des 5 dernières années à l’OFS/BAG
(Office fédéral de la santé). Le texte qui suit se limite au typhus et
au paratyphus.
Les causes
La source d’infection vient de l’homme; la plupart
du temps, il s’agit d’émetteurs permanents de salmonelles, plus rarement des malades souffrant d’un
typhus aigu. La contamination se fait au moment de la digestion, lorsque le sujet a consommé des denrées
alimentaires contaminées (viandes, oeufs), des boissons, des produits laitiers (glace). Les agents pathogènes
du typhus réussissent à transiter par les stations d’épuration et se retrouvent dans l’eau des rivières.
Il paraît évident que de telles infections se passent de préférence dans
les pays dont le standard d’hygiène est insuffisant. La Suisse a malgré tout connu en 1963 une épidémie
de typhus, dont l’origine était de l’eau potable polluée à Zermatt.
Les manifestations
L’évolution du typhus et du paratyphus est très similaire, mais le paratyphus
connaît en règle générale une évolution plus bénigne et plus courte, mais presque toujours associée
à de fortes diarrhées.
La maladie se déclare une à deux semaines après l’infection (au maximum
au bout de 2 mois) par des symptômes non spécifiques, malaise, fatigue, maux de tête, douleurs articulaires,
fièvre progressive. Au bout de 2 à 3 jours, se manifestent les signes
typiques du typhus:
Fièvre constante. A partir de la deuxième semaine, la fièvre se
maintient à un niveau élevé (39 40 °) et peut durer jusqu’à 3 semaines.
Céphalées, malaise, altération de l’humeur et troubles de la
conscience ou confusion mentale (d’où le terme de „typhus“: „stupeur“, „obnubilation“). Les troubles
de la conscience peuvent entraîner une perte de communicabilité et être le signe d’une méningite.
Sécheresse de la bouche, langue chargée d’une couche grisâtre, éruption
cutanée avec des taches rouges.
Inflammation du muscle cardiaque, avec affaiblissement des battements cardiaques
et hypotension
Symptômes abdominaux: coliques, sensation d’oppression, constipation en alternance
avec des diarrhées ressemblant à de la purée de petits pois.
Au bout de deux à trois semaines, la fièvre commence à baisser lentement et
le malade commence sa convalescence qui s’accompagne parfois d’une chute de cheveux passagère.
Complications
dangereuses
Celles-ci surviennent si la maladie n’est pas traitée et que son évolution
est grave à partir de la deuxième semaine; elles sont dues à une infestation bactérienne d’organes internes.
Bronchite, souvent suivie de pneumonie
Déficience de la circulation sanguine suite à l’inflammation du muscle cardiaque,
thromboses
Saignement intestinal, ulcère gastroduodénal, perforation de l’intestin, suivie
d’une inflammation du péritoine ou péritonite, inflammation de la vésicule biliaire
Eclatement de la rate: éclatement spontané de la rate, fortement gonflée en
cas de typhus
Méningite
Suite
de l’évolution
Il peut y avoir des rechutes quelques semaines après la fin du traitement,
mais elles sont de nos jours plutôt rares, grâce à une antibiothérapie appropriée; mais, lorsqu’elle
a lieu, son évolution est moins grave que celle de la première infection. 2 5 % des patients souffrant
du typhus évacuent encore longtemps après leur guérison des bactéries avec les selles („émetteurs permanents“),
parfois leur vie durant, et sont pour leur entourage une source de contamination potentielle.
Que peut-on faire ?
Comme le malade atteint de typhus reste apathique, il court le danger
de faire des escarres et de ne pas respirer assez profondément. Les mesures préventives de la thérapie,
auxquelles peut participer l’entourage du malade, consistent à veiller aux soins de la peau, à une bonne
position dans le lit, le cas échéant, en utilisant un matelas doux spécial, envisager une thérapie respiratoire
pour prévenir une pneumonie et faire bouger de manière passive les articulations pour éviter leur ankylose.
Il est recommandé au personnel soignant de se laver les mains avec des
produits de désinfection à base d’alcool.
Quand faut-il consulter ?
En cas de soupçon, un traitement médical est toujours indiqué. Le diagnostic
et la mise en évidence du type d’agent pathogène se font par l’analyse des bactéries contenues dans
les selles et des anticorps dans le sang.
L’évolution de la maladie peut être atténuée et la guérison sera plus
rapide, grâce à une antibiothérapie bien adaptée. Il est souvent nécessaire de pratiquer des infusions
pour remplacer la perte de liquide par l’organisme.
Prévenir
Même si l’on compte aujourd’hui toutes les catégories de typhus parmi
les maladies des tropiques, il ne faut pas pour autant les perdre de vue, à cause de l’intense trafic
de voyageurs auquel on assiste de nos jours sous nos latitudes.
La prophylaxie consiste à éviter une infection (prophylaxie d’exposition).
Avant d’entreprendre un voyage dans les régions à risque, il est en plus possible de se faire vacciner.
Même après la vaccination, il est indispensable
de se protéger d’une infection en évitant d’absorber des agents pathogènes.
Ces précautions ressemblent à celles qui concernent la nourriture et les
boissons pour les autres maladies contagieuses. Il faut donc:
bien laver les légumes crus et les salades, même dans notre pays
et ne pas consommer de boissons ou de produits laitiers dont l’odeur est douteuse.
sous les tropiques et dans les pays en voie de développement: Ne
manger que des aliments cuits et des fruits pelés. Renoncer aux mets crus, à la mayonnaise et aux autres
mets préparés à froid ou qui ont longuement séjournés à la cuisine, éviter l’eau du robinet, les glaces
présentées ouvertes et les glaçons dans les boissons. C’est pour cette raison que les fonctionnaires
britanniques mettaient traditionnellement dans leurs boissons froides du Whisky "afin de les désinfecter".
Pour se laver les dents, il est préférable d’utiliser de l’eau minérale achetée dans une bouteille bien
fermée. A éviter absolument, les coquillages crus, ils sont de véritables foyers de culture pour les
salmonelles.
S’il faut absolument boire l’eau qui stagne en surface, il faut tuer les agents
pathogènes en faisant bouillir l’eau durant 20 minutes au moins.
Il
est recommandé de se faire vacciner avant d’entreprendre un voyage dans les régions
à risque. Il existe deux possibilités :
Vaccin sous forme de capsules: on obtient un effet de protection
chez environ 60 % des personnes vaccinées; la protection tient à peu près 1 ans. Si l’exposition perdure,
il faut répéter la vaccination.
Vaccin administré avec une seringue (injection): on obtient un effet de protection
chez environ 60 % des personnes vaccinées; la protection tient à peu près 3 ans.
Autres informations et adresses
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