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medicine 2.0 – Lexique de la santé

Coagulopathie, Diathèse hémorragique

Les termes se rapportent à une tendance hémorragique anormale. Les personnes concernées saignent déjà pour une petite blessure de façon anormale et saignent plus longtemps que d’habitude ou bien il se produit des saignements sous la peau, dans les voies urinaires ou dans d’autres organes internes. Après une opération ou une intervention du dentiste, le risque de saigner et plus élevé. La cause de toutes ces manifestations réside dans le trouble du processus de la coagulation du sang, un vaisseau endommagé ne se ferme pas dans un délai raisonnable pour arrêter le saignement.

La coagulation du sang

Le sang peut seulement remplir sa fonction qui consiste à apporter aux organes de l’oxygène et des nutriments s’il reste fluide dans les artères et les veines. S’il se produit une ouverture dans un vaisseau sanguin, l’organisme essaie d’endiguer et de colmater autant que possible la perte de sang en coagulant un peu de sang à l’endroit de la blessure. Si une artère subit une ouverture plus large, ce processus naturel se heurte à des limites, il faut un pansement ou une suture.

Les petites blessures comme une coupure ou une éraflure arrêtent de saigner au bout de quelques minutes. A cet effet, plusieurs systèmes interviennent dont la préparation se situe à différents niveaux.

  • Protéines de coagulation ou facteurs de coagulation dans le plasma (fluide du sang). Elles s’activent dans un certain ordre et forment finalement une sorte de „feutre“ de protéines coagulées.
  • Cellules, présentes dans la circulation sanguine, les plaquettes ou les thrombocytes. Elles se collent ensemble à l’endroit de la blessure et activent de leur côté les protéines de coagulation ce qui permet la formation d’un petit caillot étanche.
  • La paroi des vaisseaux, en particulier celle des artères les plus petites et les plus fines, réagit à une blessure en se rétractant immédiatement, ce qui permet d’endiguer la perte de sang.

Les causes

Suite à un défaut ou à la déficience d’un des systèmes susmentionnés ou en combinaison avec d’autres, la coagulation est retardée (coagulopathie, diathèse hémorragique). Le classement des troubles de la coagulation se fait selon leurs principales causes:

Facteurs de coagulation ou protéines de coagulation

Certains facteurs de coagulation manquent dans le plasma, ne sont pas en quantité suffisante ou ne réagissent pas suffisamment.

  • Certains types d’hémophilie sont d’origine génétique et leur hérédité est récessive. Ce ne sont pratiquement que les hommes qui en sont affectés, car le gène se trouve sur un chromosome sexuel. Il arrive que des processus immunologiques déclenchent une hémophilie.
    De même la maladie de Willebrand-Jürgens est un trouble héréditaire de la coagulation, plus rarement dû à des processus immunologiques.
  • Au cours d’une vie, il peut se produire un manque en agents de coagulation actifs suite à des maladies aiguës ou chroniques du foie, comme la cirrhose du foie.

Thrombocytes

Il se forme trop peu de plaquettes, elles sont de plus en plus utilisées ou ne sont pas suffisamment fonctionnelles (perte de qualité). Il s’ensuit une tendance accrue aux saignements.

  • Leur formation réduite au point de vue nombre peut-être congénitale ou provoquée par des tumeurs (leucémie, des lymphomes malins), la chimiothérapie, des virus ou certaines substances toxiques.
  • Les plaquettes peuvent être utilisées de manière plus intensive, usées ou détruites par des processus immunologiques, suite à des infections, en cas de thrombose, d’augmentation du volume de la rate et autres affections.
  • Perte de leur capacité fonctionnelle („Thrombopathie“). Les thrombocytes eux-mêmes deviennent nocifs, suite à des maladies graves généralisées comme la déficience rénale ou les maladies cancéreuses, plus rarement comme un trouble fonctionnel congénital.
    A ce niveau une intervention médicamenteuse est possible. La formation d’occlusion thrombotiques, surtout dans les artères peut être diminuée en diminuant la capacité à se coaguler de ces cellules sanguines, de nouveau avec le risque calculé d’une tendance accrue aux saignements.
    Le dommage causé aux thrombocytes par toute une série d’autres médicaments, comme certains analgésiques, certains médicaments contre les rhumatismes et les antibiotiques est par contre un effet secondaire indésirable.

La paroi des vaisseaux

Une perméabilité anormale, une tendance accrue aux lésions ou des maladies inflammatoires de la paroi peuvent avoir une origine génétique; elles peuvent provoquer des saignements à surface réduite ou de simples points sous la peau. La peau très fine des personnes âgées qui, pour un rien, se couvre de taches d’un bleu tirant sur le violet en est un exemple. Les autres modifications de la paroi qu’elles soient congénitales ou acquises sont plutôt rares.

Le tableau clinique

Selon la cause, il se forme différentes formes de saignements, qui se produisent en partie de manière spontanée, sans cause apparente. A l’aspect du saignement, on peut seulement en discerner la cause sous certaines conditions.

  • Les petites blessures, les petites coupures saignent longtemps et très fort et d’une façon anormale, en se remettant à saigner ou bout de très peu de temps.
  • Le saignement du nez et les saignements après une intervention du dentiste ou une opération sont fréquents.
  • Les blessures comme les contusions ou les meurtrissures provoquent un épanchement de sang dans la musculature et sous la peau. Il peut se produire des cavernes remplies de sang fluide dans les tissus. Les saignements dans les organes internes, qu’ils soient spontanés ou causés par des lésions, sont plus difficiles à déceler et peuvent de ce fait prendre des proportions qui mettent la vie en danger.
  • Les saignements en forme de points sont le signe d’un trouble des capillaires ou des plaquettes (thrombocytes), les saignements plus étalés indiquent plutôt un défaut des facteurs de coagulation et des thrombocytes.
    Chez les personnes âgées s’ajoute à une vulnérabilité accrue de la paroi des vaisseaux le fait que leur peau soit plus fine. De petits saignements de la peau peuvent se produire surtout aux endroits les plus exposés (mains, avant-bras et mollets): en disparaissant, ils laissent des taches de couleur foncée.

Que peut-on faire?

On ne peut guère influencer les causes. Si un trouble de la coagulation est avéré, il s’agit tout d’abord d’éviter autant que possible les situations pouvant provoquer des blessures. Il faut avertir le dentiste lorsque l’on souffre d’une tendance hémorragique accrue.
Si l’on est sous traitement anticoagulant et que l’on souffre de saignements répétés et inexpliqués, il faut arrêter la prise de la préparation et immédiatement se rendre chez le médecin. L’anticoagulation aura sans doute été trop massive. Le cas échéant, il faut aussi penser à un effet secondaire dû à d’autres médicaments et réduire ces derniers.

Les personnes qui souffrent de troubles de la coagulation et celles qui sont traitées à l’aide d’anticoagulants, ne devraient pas prendre de médicaments qui diminuent la coagulation du sang ou les médicaments contre les rhumatismes .

Quand faut-il appeler le médecin?

En cas de soupçon d’une tendance hémorragique accrue, il faut consulter un médecin. Même des saignements sous la peau apparemment bénins peuvent avoir une cause à prendre au sérieux. Les signes indiquant qu’une consultation devient nécessaire sont:

  • Des épanchements de sang plus fréquents et plus rapides que par le passé.
  • La formation subite et inexpliquée de petits points de sang rouges (de la taille d’une tête d’épingle) dans la peau.
  • Lorsqu’un saignement de la peau ou d’une muqueuse dure plus longtemps que d’habitude (plus de 30 min) ou se répète sans cesse.
  • Des saignements inattendus et inexpliqués, suite à la prise de médicaments anticoagulants.
  • Les saignements en provenance du côlon, des voies urinaires ou des voies respiratoires (toux avec des expectorations sanguinolentes).

Thérapie

Il arrive qu’une tendance hémorragique accrue ne soit que passagère et ne nécessite qu’une attention particulière à ne pas se blesser.
La diathèse hémorragique d’origine génétique ou due à une maladie peut se traiter à l’aide de médicaments. Ces derniers servent à fournir les protéines, les facteurs ou les cellules ou à stabiliser leur fonction.

Si la tendance aux saignements est due à une prise de médicaments, par exemple à des anticoagulants, il faut, avant toute opération, réduire à temps les médicaments et les administrer à nouveau après l’opération.

Auteurs: Dr Ute Hopp, PD Dr Jürg Baltensweiler
Traduction: Gérard Gullung
Illustrations: Monsieur Eduard Imhof, PD Dr Jürg Baltensweiler

mis à jour:  02.08.2018

 
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