0844 277 277 Lu-Ve 8-18 heures
CSS Assurance
vers le lexique de la santé
medicine 2.0 – Lexique de la santé

Rougeole

Cette maladie virale très contagieuse fait partie de ce qu'on appelle les maladies infantiles. Elle se distingue par des signes typiques comme l'éruption cutanée de macules rouges; mais les patients sont surtout malades à cause de la fièvre et des infections des voies respiratoires supérieures.

La rougeole confère la plupart du temps une immunité à vie. Une récidive de rougeole représente souvent une erreur de diagnostic; il s'agissait pour la première affection ou il s'agit pour la suivante, non pas de rougeole, mais de rubéole ou de scarlatine.

On a enregistré en Suisse des épidémies de rougeole dans les années 1987, 1997 et au printemps 2003 et, se propageant depuis le canton de Lucerne, de nouveau vers la fin de l’automne 2006. Selon l'OFSP, on a enregistré depuis novembre 2006 jusqu’à juin 2009 4'371 cas concernant surtout des personnes n’ayant pas été vaccinées, la plupart du temps des enfants, mais aussi des adultes.
La vaccination systématique des enfants a été entre 2000 et 2002 seulement un peu plus de 80%; pour interrompre la circulation du virus et empêcher une épidémie, il faudrait une vaccination à 95%. Lors de l’épidémie de 2006 jusqu’à 2009, plus de 80% des malades n’étaient pas ou incomplètement vaccinés. Même dans les périodes entre deux épidémies, on enregistre chaque année une cinquantaine de cas de rougeole.

Selon des estimations de l’OMS, les complications de la rougeole tuent chaque année quelque 140 000 personnes. Ce bilan s’élevait encore à 535 000 en l’an 2000. C’est pourquoi l’OMS a fait de l’éradication de la rougeole l’un de ses objectifs déclarés. La rougeole endémique a disparu depuis env. 10 ans de l’Amérique du Nord et du Sud. En Europe, cet objectif n’a malheureusement pas pu être atteint en 2010 et on espère aujourd’hui l’atteindre à l’horizon 2015.

Les causes

La rougeole est très répandue, et le premier contact avec le virus provoque la plupart du temps la maladie. L’infection se fait par les gouttelettes émises par le nez, la gorge ou la bouche des personnes malades, même sur de grandes distances. Les virus infectent aussi les cellules du système nerveux et du système immunitaire ce qui favorise l’apparition de complications (voir plus loin). Les personnes infectées sont contagieuses à peu près 4 jours avant jusque 4 jours après l'éruption cutanée.

Le tableau clinique

Depuis la contagion par le virus jusqu'à l'éclosion de la maladie (temps d'incubation), on peut compter 8 à 10, au maximum 14 jours.

On distingue nettement trois stades dans l'évolution de la rougeole:

  1. Au début, on constate ce qu'on appelle le stade avec un catarrhe oculonasal (stade du prodrome): Les enfants sont très affectés; ils se sentent profondément malades avec des maux de tête, une perte d'appétit, de la fièvre, une inflammation de la conjonctive des yeux, fuient la lumière, ont le rhume, de la toux qui peut se manifester sous forme de toux croupale. Ces malades sont déjà contagieux pour l'entourage.
    On voit apparaître dans la cavité buccale, sur les joues et sur la muqueuse des lèvres, après 2 à 3 jours, des petits points blanchâtres, entourés d'un liseré rouge (signe de Köplik). Il n'est pas rare que les patients aient des douleurs articulaires et des symptômes du côté de l'estomac et des intestins avec mal au ventre, vomissements, diarrhée. Au bout de trois à quatre jours, la fièvre baisse pour quelques heures et l'état général semble s'améliorer.
  2. Suit le stade de l'éruption cutanée. Une nouvelle poussée de fièvre et une „récidive“ avec les symptômes déjà vécus accompagnent l'apparition d'une éruption cutanée d'abord d'un rouge clair, plus tard sous forme de macules d'un rouge foncé tirant sur le rouge violet, disséminées au début par petites taches. Cette éruption débute de manière typique sur le visage et derrière les oreilles, occasionne de fortes démangeaisons en se répandant peu à peu vers le bas sur tout le corps. Les macules peuvent confluer en grandes plaques rouges et se couvrir de vésicules au contenu clair. Cette phase dure habituellement quatre jours.
    Ces macules sur la peau sont parfois difficiles à distinguer de la rubéole, de la scarlatine ou d’une éruption cutanée allergique.
  3. Lors de la phase de convalescence, l'éruption cutanée, la fièvre et les signes de catarrhe diminuent rapidement; la peau commence à se couvrir de squames parfois accompagnées de démangeaisons. Cette phase dure jusqu'à deux semaines.
    En règle générale, la rougeole guérit complètement à condition qu’elle ne s’accompagne pas de complications.

Les complications

Cette maladie n'est pas anodine. Comparée à d'autres maladies infantiles, la rougeole est souvent la cause de complications, car pendant cette maladie, le système immunitaire est considérablement affaibli. Il se produit donc souvent des surinfections (des infections bactériennes ou virales qui s’ajoutent). Parmi elles

  • L'inflammation des méninges est la complication la plus dangereuse. Elle peut se produire pendant et à la suite de la rougeole et se caractérise par des symptômes du côté du système nerveux central par des troubles de la conscience, une perte de connaissance ou des convulsions. La méningite est particulièrement dangereuse à cause de son fort taux de mortalité d'environ 20 à 25% et le risque de séquelles irréversibles (diminution des facultés intellectuelles, épilepsie).
  • Affections des voies respiratoires: la pneumonie avec une forte toux et un gène respiratoire (mortalité de 20 à 25 %), la bronchite de la rougeole, le croup de la rougeole avec une toux rauque et une respiration aux bruits typiques accompagnée de dyspnée.
  • L’otite moyenne avec un mal aux oreilles et de la surdité,
  • L'inflammation de la cornée (kératite) avec danger de cécité, surtout dans les pays en voie de développement. En Afrique, la rougeole compte parmi les causes les plus fréquentes de cécité.
  • La stomatite ulcéreuse (inflammation des gencives).
  • L'affection des organes de la cavité abdominale (en particulier l'appendicite).
  • La tuberculose peut se réactiver grâce à la rougeole.
  • Si la défense immunitaire est déjà affaiblie, l'évolution de la rougeole peut être parfois très grave, même foudroyante, avec une issue fatale en peu de temps, suite à un choc circulatoire.

Que peut-on faire?

  • Garder à la maison les enfants qui ont la rougeole: du repos au lit, et les mettre dans une chambre à l'abri de la lumière en cas de conjonctivite.
  • En ce qui concerne les autres enfants vivant sous le même toit, il faut supposer qu'ils sont déjà tous contaminés à moins qu’ils soient vaccinés.
  • Lorsque les yeux sont légèrement enflammés: appliquer sur les yeux des sachets froids de tisane de camomille. Si des sensations désagréables se manifestent, il est possible que le patient souffre d’une hypersensibilité à la camomille. Il faut alors immédiatement arrêter le traitement.
  • En cas de fièvre: boire beaucoup, appliquer des enveloppements froids sur les mollets; placer des sachets de glace dans l'aisne. Prendre si nécessaire des médicaments fébrifuges ou antitussifs.

Quand faut-il consulter?

Dès que l'on soupçonne des complications dues à la rougeole, il faut consulter le médecin. Les indices sont les suivants:

  • Une forte fièvre qui dure (plus de 3 jours).
  • Difficultés respiratoires ou dyspnée.
  • Forts maux de tête, raideur de la nuque, troubles de la conscience, convulsions.
  • Mal aux oreilles.
  • Les yeux qui brûlent et qui sont très sensibles à la lumière.

En cas de complications au sens d'une surinfection bactérienne, les antibiotiques sont indispensables la plupart du temps.

Il est possible d'empêcher la rougeole chez les personnes non vaccinées, ayant été en contact avec des personnes malades de la rougeole, si on les vaccine au cours des trois premiers jours après la contamination, donc avant que ne se déclare la maladie. Les personnes souffrant de déficience immunitaire peuvent bénéficier d'une protection par immunisation passive qui consiste à leur donner de l'immunoglobuline.

Antibiothérapie
Il est essentiel de s'en tenir strictement aux dosages; d'une part à cause de l'efficacité du médicament et surtout à cause du danger toujours imminent de la résistance (insensibilité) développée par différents agents pathogènes.

Prévenir

La vaccination empêche la maladie. Rarement il peut arriver que malgré la vaccination, apparaisse une forme atténuée de rougeole.

La première vaccination des enfants est pratiquée vers la fin de la 1ère année; il est recommandé de la faire suivre d'un rappel au cours de la 2e année, en même temps que la vaccination contre les oreillons et la rubéole (la vaccination ROR). L’OFSP recommande la vaccination de rattrapage quand un enfant ou un adulte n’a pas été vacciné ou n’a reçu qu’une seule vaccination et n’a pas encore fait la rougeole.Depuis le 1er janvier 2013, plus aucune franchise n’est retenue pour la vaccination de base (ROR) et ce jusqu’à fin 2015. Par cette mesure destinée à favoriser l’éradication de la rougeole, on espère encourager les vaccinations de rattrapage.

Il peut arriver que l'on constate une réaction vaccinale, c’est-à-dire une éruption cutanée légère et de courte durée, accompagnée d'une fièvre, de rhume et de toux. Les vaccins peuvent provoquer des complications, mais celles-ci sont nettement plus rares qu'en cas de rougeole véritable.

Autres informations, adresses

  • Office fédérale de la santé publique (OFSP)
    3003 Berne
    Tél. 031 322 21 11
    www.bag.admin.ch
    www.stoprougeole.ch

    Ligne Info-vaccins 0844 448 448
    (consultation gratuite, frais de communications interurbaines en Suisse)

Auteurs: Dr Ute Hopp, PD Dr Jürg Baltensweiler
Traduction: Gérard Gullung
Illustrations: Monsieur Eduard Imhof, PD Dr Jürg Baltensweiler

mis à jour:  02.08.2018

 
Clause de non-responsabilité/Avertissement

La CSS Assurance ne garantit pas l'exactitude ni l'exhaustivité des données. Faites-vous conseiller par votre médecin ou pharmacien. Les données publiées ne remplacent en aucun cas les conseils spécialisés du médecin ou du pharmacien.