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medicine 2.0 – Lexique de la santé

Inflammation du lit de l’ongle, Panaris

Termes: Panaritium paraunguale, Paronychie

La paronychie est l’une des inflammations les plus fréquentes des doigts ou des orteils. Elle est causée en général par des bactéries qui sont parvenues à pénétrer dans les tissus par de petites blessures. La paronychie, qu’on appelle aussi le panaris, est une affection le plus souvent aiguë.

Terminologie

Bourrelet péri-unguéal:

Bord de l’ongle: zone de peau située latéralement de part et d’autre de l’ongle.

Lit de l’ongle: situé sous la tablette de l’ongle du doigt ou de l’orteil, le lit de l’ongle est très sensible

Phlegmons de la main et des gaines synoviales:

Infection de la paume de la main ou d’une gaine synoviale qui, faute d’être traitée, peut s’étendre jusqu’au bras et entraîner des lésions tendineuses et musculaires permanentes.

Staphylococques:

bactéries Gram-positives non sporulantes . Présence: les staphylocoques font partie de la flore bactérienne normale de la peau et des muqueuses du corps humain et sont également présents dans l’environnement (cours d’eau, air, denrées alimentaires). Ils sont responsables des pathologies suivantes: abcès, furoncles, infections des plaies, sinusites, pneumonies, otites moyennes ou inflammations du tissu osseux. Une dissémination généralisée dans le sang provoque une septicémie. Les staphylocoques sont la cause la plus fréquente d’intoxications alimentaires et. ils sont également responsables du syndrome du choc toxique (TSS, toxic shock syndrom).

Streptocoques:

Ce sont des bactéries Gram-positives non sporulantes. Les streptocoques font partie de la flore bactérienne normale de différents tissus du corps humain sans pour autant provoquer de symptômes de maladie chez l’être humain en bonne santé. Il existe plusieurs sous-espèces de streptocoques qui peuvent causer différentes maladies infectieuses. En font partie la sinusite nasale et autres sinusites, l’otite moyenne, l’amygdalite, la scarlatine, la pneumonie, l’impétigo, les phlegmons (inflammations purulentes du tissu conjonctif), l’endocardite et la méningite. D’autres maladies causées par des streptocoques incluent les infections des voies urinaires, les infections de plaies, la fièvre puerpérale, le syndrome du choc toxique et l’empoisonnement du sang (septicémie).

Ostéomyélite:

L’ostéomyélite est une inflammation chronique ou aiguë des os qui peut survenir p. ex. après une opération. Il arrive cependant aussi que des germes pathogènes soient transportés par le sang (voie hématogène) d’un autre foyer infectieux, p. ex. d’amygdales enflammées, jusqu’aux os et y causent une infection.

Troubles de la cicatrisation:

Ce terme désigne les retards de cicatrisation, qui peuvent avoir des causes diverses: malnutrition, déficience immunitaire due à des maladies tumorales, diminution de la circulation cutanée avec l’âge, artériopathie oblitérante périphérique (AOP), diabète sucré, anémie ou prise de médicaments tels que des immunosuppresseurs après une transplantation ou dans les maladies auto-immunes. Les médicaments contre le cancer (cytostatiques) ou fluidifiants du sang (anticoagulants) peuvent également causer des problèmes de cicatrisation.

Syndrome du choc toxique (toxic shock syndrome, TSS):

Il s’agit là d’une maladie très rare, mais potentiellement mortelle, qui peut être provoquée par l’utilisation de tampons à très haute capacité d’absorption. Si un tampon de ce type est laissé trop longtemps dans le vagin, les staphylocoques peuvent former des toxines qui provoquent cette pathologie grave caractérisée par des rougeurs cutanées, des vésicules sur la peau, des vomissements et pouvant mener dans le pire des cas à une septicémie. Un syndrome du choc toxique se traite impérativement à l’hôpital. Par précaution, on utilisera des tampons qui ne soient pas trop absorbants et on les remplacera toutes les 3-4 heures.

Causes et facteurs de risque

Le panaris est provoqué le plus souvent par des staphylocoques ou des streptocoques, plus rarement par d’autres germes essentiellement Gram-négatifs. Ces bactéries font partie de la flore bactérienne normale de la peau et sont aussi présents dans notre environnement (eau, terre, denrées alimentaires, air). Ces pathogènes potentiels sont tenus en échec par notre système immunitaire, qui assure les défenses endogènes. Quand nos défenses immunitaires sont affaiblies, ces pathogènes peuvent pénétrer dans la peau par de petites blessures et y provoquer une réaction inflammatoire et une maladie.

Des facteurs de risque sont par exemple:

  • le port de chaussures trop serrées
  • des ongles incarnés
  • une peau des ongles abimée
  • des ongles coupés trop courts
  • des troubles de la cicatrisation (p. ex. lors de diabète sucré)

Tableaux cliniques

L’inflammation se fait d’abord sentir par des douleurs aiguës et pulsantes au niveau du doigt ou de l’orteil. La zone affectée est rougie, enflée, démange parfois, est très douloureuse et sensible à la pression. Du pus se forme avec le temps.

On distingue les formes superficielles et profondes d’inflammation du lit de l’ongle.

Formes superficielles

Paronychie: inflammation purulente du bord de l’ongle.

Panaris péri- et sous-unguéal: Cette inflammation est une paronychie qui touche tout le lit et le bord de l’ongle.

Panaris cutané: l’épiderme peut former une ampoule et se détacher.

Panaris sous-cutané: le tissu sous-cutané est enflammé et purulent

Formes profondes

Panaris osseux: dans cette forme de panaris, l’inflammation a progressé au point de s’étendre à l’os.

Panaris tendineux: ce terme désigne un panaris sous-cutané qui s’est propagé jusqu’aux tendons.

Panaris articulaire: forme de panaris sous-cutané qui s’est étendue à une articulation.

Complications

  • Une inflammation non traitée du bord ou du lit de l’ongle peut s’étendre aux tendons, aux os et aux articulations et évoluer en phlegmon. Si l’inflammation s’étend à une articulation adjacente, elle peut avoir des séquelles sous forme d’une mobilité limitée.
  • Si l’inflammation s’étend au reste du corps, le patient peut développer une fièvre, des frissons et une dilatation des ganglions lymphatiques. Une complication redoutée est la septicémie.
  • Si l’inflammation se prolonge, elle peut détruire la matrice unguéale et entraîner la perte de l’ongle.
  • L’inflammation peut affecter la croissance de l’ongle en entravant l’apport de nutriments.
  • L’inflammation peut s’étendre à l’os du doigt ou de l’orteil. On parle alors d’une ostéomyélite.

Que peut-on faire soi-même? - Prévenir

  • Utiliser des compresses désinfectantes (contenant p. ex. de l’alcool ou un autre antiseptique) dès les premiers signes d’un début d’infection.
  • Immerger chaque jour les ongles affectés dans un bain d’eau tiède peut faciliter l’élimination de la couche cornée et du pus. Pour obtenir un léger effet anti-inflammatoire, le bain peut être additionné de savon, de camomille ou de sel. Après le bain, sécher les ongles en les essuyant avec précaution.
  • Des pommades désinfectantes, p. ex. à base de povidone iodée ou d’un condensat de phénol-formaldéhyde-urée ont une action antibactérienne et soulagent les démangeaisons.
  • Les zones fortement purulentes peuvent être frictionnées avec du bituminosulfonate d’ammonium tel qu’il est contenu dans certaines pommades dites «vésicantes». Cette substance a aussi un effet anti-inflammatoire et favorise l’écoulement du pus.
  • Tout contact avec un produit nettoyant ou autre produit chimique doit être évité.

Attention: ne jamais percer soi-même le foyer purulent!

Quand faut-il consulter?

Si le patient traite lui-même une paronychie et qu’aucune amélioration n’est intervenue au bout d’environ 1-2 jours ou que l’inflammation s’aggrave, il devra consulter un médecin. Un traitement médical s’imposera également en cas de fièvre, d’extension de l’inflammation et d’intensification des douleurs. Il y a alors risque de septicémie. Un patient qui souffre d’un trouble connu de la cicatrisation ou qui est diabétique doit toujours consulter un médecin.

Traitement
Le médecin traitera l’inflammation avec des pommades antiseptiques et des bandages, et le cas échéant avec des antibiotiques. Si malgré toutes les mesures prises, la paronychie ne s’améliore pas, on vérifiera au moyen d’une radiographie si et à quel point l’inflammation s’est déjà propagée dans les os ou les tissus avoisinants. Selon le cas, le pus devra être drainé chirurgicalement (en ambulatoire), après quoi le membre sera immobilisé et surélevé.

Auteurs: Dr méd. H. Ganguillet

mis à jour:  02.08.2018

 
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