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medicine 2.0 – Lexique de la santé

Déboîtement, Luxation, Subluxation

Les articulations sont des liaisons entre deux ou plusieurs os, qui permettent des mouvements contrôlés. Lorsque les composants osseux ont perdu leur contact anatomique correct, il s’est produit un déboîtement, une luxation.

Cependant la dislocation partielle est plus fréquente que la luxation, on parle alors de subluxation. Les os n’ont pas totalement perdu leur cohésion, les surfaces articulaires restent encore partiellement en contact.

Causes

Les mouvements articulaires sont contrôlés par:

  • La formation adéquate osseuse de l’articulation. Exemple: une tête fémorale doit s’articuler en coïncidant dans la cavité articulaire de la hanche, c’est pourquoi la cavité articulaire doit être modelée pour cet emboîtement.
  • Les ligaments articulaires comme éléments passifs. Lors d’une déchirure ligamentaire, la stabilité peut être perdue et les os faisant partie de l’articulation perdent leur contact correct.
  • La fonction musculaire. Les muscles mobilisent l’articulation et stabilisent sa position de manière active. Il est indispensable pour le fonctionnement des muscles, que les nerfs soient intacts, car ils donnent l’impulsion motrice et informent en même temps le corps au sujet de la position des articulations.

Types de luxation ou subluxation en rapport avec leurs causes:

Luxation traumatique

Dans la plupart des cas un choc ou une chute entraîne pour les os concernés des mouvements de rotation et d’étirement combinés, menant à l’élongation ou au fléchissement. La liaison articulaire „cède“ et les surfaces articulaires perdent leur contact. Parfois les surfaces osseuses faisant partie de l’articulation présentent des fractures, il s’agit alors d’une fracture-luxation. Les blessures concomitantes des luxations traumatiques sont les pincements de nerfs, de vaisseaux sanguins et de ligaments.

Luxation congénitale

La plupart du temps une ou les deux articulations de la hanche sont concernées. La face articulaire est insuffisamment formée.

Paralysie entraînant une luxation

Elle repose sur une tension musculaire réduite ou absence autour de l’articulation, ce qui entraîne l’affaissement de l’ensemble. Les parties articulaires osseuses se déboîtent. La cause en est une fonction nerveuse lésée. Lors de malformations congénitales de la moelle épinière (spina bifida), lors de troubles de la motricité émis par le cerveau (paralysie cérébrale infantile) ou après une poliomyélite s’ensuivent des subluxations des hanches ou de l’épaule qui augmentent avec la croissance.

Luxation pathologique

A cause de déformations maladives et de la destruction de parties articulaires, en premier lieu par l’arthrose, les composants osseux d’une articulation ne s’adaptent plus l’un à l’autre, il s’ensuit des déplacements, conduisant à une subluxation.

Luxation spontanée et répétitive

Les déboîtements spontanés qui surviennent sans événement extérieur, „par eux-mêmes“, lors du travail quotidien sont particulièrement connus à l’épaule et à la rotule. Les causes sont dues à des transformations articulaires suite à une prédisposition; elles peuvent être congénitales (ligaments distendus, surfaces articulaires trop plates) ou dues à de précédentes luxations avec „relâchement“ des ligaments. La luxation qui se répète spontanément est décrite comme luxation habituelle.

Le tableau clinique

Comme les articulations se différencient fortement par leur construction anatomique et de ce fait par l’étendue de leur mobilité, et comme les causes sont variées, les luxations ont peu de points communs. C’est pourquoi les indices suivants ne sont en aucun cas toujours détectés:

  • Mauvaise position (déformation): Elle est l’un des indices communs et se manifeste en tant que déviation en direction torsion et le plus souvent en raccourcissement du segment du membre concerné. Une déformation est aisément reconnaissable: le contour connu d’une épaule, d’un coude, d’un doigt a changé.
  • Perte fonctionnelle: La mobilité active de l’articulation est restreinte ou impossible, l’extrémité de la partie touchée est amoindrie ou totalement inutilisable.
  • Douleurs: La luxation traumatique est douloureuse, car sans déchirure ou au moins un étirement des ligaments et de la capsule articulaire, une articulation n’est pas luxée. Il survient donc toujours en même temps un dommage ligamentaire qui peut s’accompagner de saignement. Même lors d’une subluxation, les ligaments et les capsules articulaires peuvent être endommagés.
    La luxation habituelle forme une exception. A chaque nouveau déboîtement, les ligaments sont de plus en plus distendus et affaiblis, de telle sorte qu’une luxation est finalement peu douloureuse et ne saigne plus.
  • Fixation à ressort: Le membre luxé est fixement immobilisé dans sa position. En étant aidé, l’articulation peut un peu bouger, mais les douleurs augmentent et on se heurte rapidement à une résistance à ressort. Le phénomène ne se rencontre pratiquement que lors des luxations traumatiques. Si des os faisant partie de l’articulation sont fracturés, la déformation reste distendue, mais il vaut mieux éviter d’en faire le test.
  • Troubles nerveux: Elles concernent la sensibilité (la sensation) et/ou les mouvements arbitraires. Ils peuvent être la cause de subluxation ou de luxation (luxation paralysante) ou survenir comme dommages collatéraux suite au mécanisme de l’accident lui-même (luxation traumatique).

Localisations spécifiques

Articulation de l’épaule

Dans l’articulation de l’épaule, les mouvements sont conduits entre l’omoplate et l’humérus, c’est-à-
dire la torsion, le lever et l’abaissement du bras. C’est l’articulation la plus mobilisable de toutes et, par conséquent, elle a une stabilité propre relativement faible. Presque 50% de tous les déboîtements ont lieu à cet endroit. Les luxations de l’épaule ont tendance à se reproduire (luxation habituelle ou répétitive).

  • Les blessures se rajoutant à une luxation due à un accident sont: distorsion de nerfs avec perte de sensibilité à l’épaule, déchirure de tendons et fractures à proximité de l’articulation.
  • Une paralysie du nerf mène à l’affaiblissement de la couverture musculaire autour de l’articulation de l’épaule; son propre poids affaisse la tête de l’humérus et il en résulte une subluxation. Les paralysies des nerfs dans cette région proviennent de maladies (par ex. poliomyélite, maladies de la moelle épinière) ou de blessures (lésions du bras).

Articulation du coude

Elle relie l’humérus au reste des os du bras (cubitus et radius), elle est donc composée de trois parties osseuses. Le mécanisme déclencheur de la luxation est un étirement, une torsion ou un choc dans l’axe de l’avant-bras. La plupart des blessures collatérales sont des déchirements osseux et des distorsions de nerfs. Un déboîtement du coude nuit souvent à la sensibilité de la main.

Articulation de la hanche

Elle forme la liaison mobile entre les os du bassin (cavité articulaire) et la cuisse (tête de l’articulation). Les causes de subluxations et plus rarement de luxations complètes sont si nombreuses que seul un choix de quelques-unes d’entre elles peut être présenté ici.

  • Subluxation congénitale ou dysplasie congénitale de la hanche: Elle provient d’une malformation de la cavité articulaire du bassin qui donne une articulation incongrue. Elle s’accompagne d’un risque élevé d’arthrose précoce. 
  • Subluxation/luxation suite à une paralysie: Des paralysies lors de malformations de la moelle épinière (spina bifida), de troubles de la mobilité émanant du cerveau (paralysie cérébrale infantile) ou après une poliomyélite, provoquent, avec la croissance, des subluxations de la hanche ou de l’épaule. 
  • Luxations traumatiques: Elles proviennent d’un choc frontal qui se répercute de l’articulation pliée dans l’axe de la cuisse, comme c’est par exemple le cas chez le conducteur dont le genou est touché à l’avant, à la suite d’une collision. La jambe est raccourcie et selon le type de luxation, fixée dans une rotation vers l’intérieur, plus rarement vers l’extérieur. Les blessures concomitantes du nerf sciatique, de la tête fémorale, des os du bassin, du genou et à d’autres endroits sont également la règle générale (polytraumatisme). 
  • Luxation de prothèse: La situation des porteurs d’une prothèse dans l’articulation de la hanche est moins dramatique, les prothèses sont plus facilement luxées que l’articulation naturelle, la moindre occasion peut provoquer une luxation. Réciproquement, le remboîtement est également plus aisé à réaliser. Les mêmes remarques correspondent à l’articulation de l’épaule.
  • Coxarthrose: une grave arthrose de l’articulation de la hanche peut déclencher une subluxation à cause de la déformation de la cavité et de la tête fémorale.

Rotule

Le genou est une articulation en trois parties, construite à partir du fémur, l’os de la cuisse, et du tibia (à la jambe). Devant la liaison en contact de ces deux os se trouve le troisième élément: la rotule. Selon le cas des formes variées de la rotule favorisent sa luxation vers le côté externe (luxation de la rotule). En cas de récidive, il s’agit d’une luxation répétée ou habituelle.

Articulations des doigts et des orteils 

  • Elle est causée par un choc dans l’axe du doigt ou de l’orteil. La luxation des doigts se manifeste par une déformation en baïonnette. Les orteils luxés sont souvent si gonflés par l’afflux sanguin que l’état est moins facilement reconnaissable. Une destruction de l’articulation des doigts par arthrose est une cause de subluxation chronique.
  • Une subluxation dans l’articulation principale du gros orteil survient dans le cas d’un hallux valgus important (voir l’article correspondant, ill. a). L’articulation principale du gros orteil est modifiée par l’arthrose, de telle sorte que les os ne sont plus correctement en contact.

Colonne vertébrale

Lors d’un accident ou à la suite d’une maladie, les vertèbres peuvent être déplacées l’une contre l’autre, ce qui entraîne des subluxations des petites articulations postérieures des vertèbres. Deux exemples de gravité différente de subluxation, ou luxation avec fracture de vertèbres sont visibles sur les illustrations a) et b) dans le texte fracture de vertèbre.
Une subluxation traumatique au niveau cervical peut entraîner des maux de longue durée et difficilement guérissables (distorsion de la colonne cervicale).

Que peut-on faire? – Prévenir

  • En cas de luxation traumatique, l’articulation devrait être reposée ou immobilisée en évitant autant que possible la douleur. L’application de froid permet de freiner le gonflement, ce qui facilite le remboîtement ultérieur.
  • Les personnes souffrant de luxation habituelle de l’épaule (plus rarement de la rotule) ont souvent la capacité de remettre en place elles-mêmes leur articulation grâce à des mouvements spécifiques.
  • En sport il convient d’être attentif aux antécédents personnels, en particulier lors des entraînements, en ce qui concerne la capacité à se rétablir, de même qu’aux maladies existantes. En conséquence les formations et les équipements pour les entraînements sportifs devraient être adaptés.

Quand faut-il consulter?

Il est indispensable d’appeler le médecin dès que l’on soupçonne l’apparition d’une nouvelle luxation. Plus vite l’état est constaté, moins graves sont en règle générale les complications et le pronostic est d’autant meilleur.

Dans le cas d’une luxation traumatique l’examen radiologique déterminera s’il s’y rajoute une fracture. L’examen est indispensable afin de constater si des nerfs ont aussi été endommagés par l‘accident. Le remboîtement de grandes articulations nécessite une anesthésie; l’anesthésie locale suffit pour les articulations des doigts et des orteils. Par la suite le membre concerné est immobilisé durant quelques jours à l’aide d’un bandage fixe.

Après avoir enlevé le bandage d’immobilisation, on démarre progressivement des exercices avec précaution, afin que la capsule articulaire ne se ratatine pas et qu’il ne s’ensuive aucune perte de mobilité. Il faut garder à l’esprit le risque d’une dystrophie de Sudeck. C’est pourquoi la rééducation de l’articulation doit se faire en douceur et avant tout en limitant la douleur.

En cas de luxations habituelles et de luxations paralysantes une opération est souvent nécessaire afin d’éviter de nouveaux déboîtements. Celle-ci peut se dérouler en partie par endoscopie (avec une invasion minimale). Ce cas nécessite également une physiothérapie intensive par la suite.

Auteurs: Dr Ute Hopp, PD Dr Jürg Baltensweiler
Traduction: Gérard Gullung
Illustrations: Monsieur Eduard Imhof, PD Dr Jürg Baltensweiler

mis à jour:  02.08.2018

 
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