0844 277 277 Lu-Ve 8-18 heures
CSS Assurance
vers le lexique de la santé
medicine 2.0

Anévrisme

En détail: Anévrisme de l’aorte, Anévrisme cérébral

Sous le terme d’anévrisme, on comprend la dilatation localisée d’une artère. Selon sa forme, on distingue entre anévrisme cylindrique, anévrisme fusiforme et anévrisme sacciforme (Illustrations). Ils peuvent se produire dans chaque segment de vaisseau artériel de l’organisme, mais il existe des endroits privilégiés comme le cerveau, l’aorte, (grande artère), le creux du genou. Des anévrismes peuvent se produire en plusieurs endroits à la fois, par exemple sur l’aorte du thorax et au creux du genou. Les hommes en sont davantage affectés que les femmes surtout en ce qui concerne l’anévrysme de l’aorte.

Un anévrisme peut se produire suite à un accident, à chaque blessure artérielle causée par un choc violent.

Les anévrismes se développent peu à peu au cours des années, mais peuvent tout à coup se rompre et saigner. S’il s’agit «seulement» d’une déchirure de la paroi interne, le sang pénètre ensuite violemment dans les différentes couches de tissus de l’artère, processus que l’on désigne sous le terme de „dissection“ et qui se produit surtout dans l’aorte (Illustration). A cela s’ajoute que les anévrismes constituent des sources possibles d’embolies, dès que des caillots ou thromboses qui se sont formés sur la paroi du vaisseau vont se détacher pour se mettre à voyager avec le flux sanguin (Illustration).

03-anifu
04-anisa

Causes et facteurs de risque

Très souvent, la cause exacte des anévrismes reste inconnue, mais des facteurs génétiques interviennent à coup sûr. L’artériosclérose est très souvent à l’origine des anévrismes. Les facteurs de risque sont les mêmes que ceux de la calcification des artères (hypertension, surcharge pondérale, excès de cholestérol, le fait de fumer, l’âge).

  • Pour l’aorte, la cause la plus fréquente est l’artériosclérose. Elle est aussi la cause principale des anévrismes du creux du genou.
  • Les anévrismes des artères cérébrales sont des malformations de vaisseau en forme de poches ou de sacs (illustration), pouvant atteindre la grosseur d’une noisette (1cm). Ils se produisent de préférence à la base du cerveau (partie inférieure du cerveau).
  • Un anévrisme sur la paroi du ventricule gauche est la séquelle d’un infarctus du myocarde.
  • Causes plus rares, les modifications inflammatoires de la paroi des vaisseaux suite à des infections. Jadis les stades tardifs de la syphilis et de la tuberculose étaient aussi souvent à l’origine des anévrismes.
  • Les anévrismes dus à des traumatismes se produisent tout naturellement aux endroits où les artères peuvent facilement se blesser, c’est-à-dire aux extrémités ou dans la région inguinale, par exemple quand un couteau, en glissant, s’enfonce dans une artère.

Les symptômes

Les anévrismes se forment peu à peu et peuvent rester ignorés des années durant tout en continuant à évoluer. Plus grande sera la taille d’un anévrisme, plus grand sera le risque de sa rupture.
Selon l’endroit où se localise l’anévrisme, on peut observer des symptômes très différents.

Cerveau

Les anévrismes sacciformes d’une artère cérébrale ne présentent habituellement pas de symptômes. On constate très rarement une paralysie des muscles oculaires, des troubles de la vision ou des maux de tête à répétition qui rappellent la migraine.
Le plus grand danger consiste dans la rupture d’une artère et l’hémorragie immédiate à l’intérieur du cerveau (Illustration). Il existe bien des „hémorragies minimes“ qui n’incitent pas le patient à consulter un médecin, mais le danger de nouvelles hémorragies plus importantes persiste. L’origine immédiate est à chercher dans un effort corporel (comme le fait de pousser aux toilettes). Une hémorragie plus importante se manifeste par des maux de tête brusques et violents, une raideur de la nuque, des malaises et des vomissements, auxquels peut s’ajouter la perte de connaissance et des paralysies. Les hémorragies massives correspondent au point de vue clinique à l’attaque cérébrale qui évolue souvent en quelques heures vers une issue fatale.

05-Anfus
04-anisa

Aorte

L’anévrisme aortique prend son origine dans le thorax, tout près de la sortie du coeur, donc juste au-dessus du diaphragme (anévrisme thoracique) ou en dessous du diaphragme sur l’aorte abdominale. Les symptômes se manifestent, selon le cas, soit dans le thorax, soit dans la cavité abdominale ou dans le bassin. Alors que la personne concernée, à moins de complications, ne perçoit guère un anévrisme thoracique, l’anévrisme de l’aorte abdominale peut souvent se palper dans l’abdomen comme une tuméfaction battante.

Lorsque la paroi de l’aorte se calcifie, des thromboses (caillots) et des plaques de calcaire peuvent se mettre à la tapisser. Si une telle formation se détache, elle se met à migrer, entraînée par le flux du sang artériel, jusque vers la périphérie de l’organisme où elle provoque une embolie.

Le danger principal réside cependant dans la rupture d’une artère (anévrisme artériel disséquant), qui se déroule en deux phases. Il y a tout d’abord fissuration des tuniques internes de la paroi artérielle avant que le sang ne pénètre violemment dans la paroi artérielle (dissection, illustration) et comprime le flux dans les vaisseaux empêchant une bonne irrigation sanguine des organes vitaux.
Selon la localisation de l’anévrisme, il se produit subitement une forte douleur dans le thorax, l’abdomen, sur le côté ou dans l’aine, parfois aussi dans le dos. La rupture de la paroi artérielle provoque rapidement une chute sévère de la pression artérielle et un collapsus cardiovasculaire. La mortalité suite à une hémorragie est très élevée. S’il y a „seulement“ déchirure de la tunique interne de la paroi artérielle, il y a chance de guérison à condition que l’on opère d’urgence.

C’est ainsi que l’écrivain Thomas Mann est décédé en août 1955 à l’âge de 80 ans à l’hôpital universitaire de Zurich. Il souffrait d’abord d’un anévrisme disséquant de l’aorte abdominale qui évolua en trois semaines vers une issue fatale par hémorragie interne. A cette époque, on ne pouvait pas faire de diagnostic exact et il n’existait pas encore la possibilité d’une opération salvatrice.

Creux du genou

Une pulsation inhabituelle dans le creux du genou, parfois une tuméfaction battante, sont les signes d’un anévrisme. Ce dernier peut se boucher brusquement suite à une thrombose. Des thrombus peuvent également se détacher avant de migrer avec le flux sanguin vers le mollet ou le pied en y provoquant une embolie. Dans les deux cas, le membre inférieur ou le pied ne sont plus suffisamment irrigués en sang. Ils deviennent blancs et froids, le patient ressent des troubles de la sensation (fourmillements, insensibilité) et finalement une paralysie de la musculature du mollet.

Quand faut-il appeler le médecin?

Tout anévrisme doit être élucidé au plus vite. La douleur aiguë dans la cage thoracique et l’état de collapsus, en cas d’anévrisme thoracique, sont tout autant des cas d’urgence que la tuméfaction rapide et battante d’un anévrisme de la cavité abdominale. La rupture d’un anévrisme cérébral surprend la personne concernée avec des maux de tête, des vertiges, des troubles de la vision, des paralysies, éventuellement avec la perte de conscience.

Diagnostic

Des bruits du flux sanguin perceptibles au stéthoscope et une tuméfaction battante sont des moments cliniques de forts soupçons. Les examens à l’aide d’appareils comprennent la radiographie des vaisseaux sanguins (angiographie), les ultrasons, la tomographie computérisée (TC) ainsi que la tomographie par résonance magnétique (TRM).

Thérapie

Les anévrysmes de l’aorte présentant un diamètre de 5 cm doivent être régulièrement contrôlés, ceux qui sont plus importants doivent être rapidement opérés. Si l’augmentation de la taille s’accélère, l’opération d’urgence devient incontournable.

Dans certains cas, une intervention peu invasive à l’aide de cathéter et de petites incisions dans l’aine est possible.

Après les opérations effectuées sur de grosses artères, il n’est souvent pas nécessaire d’administrer des anticoagulants (pour diluer le sang), mais après les petites interventions, ces derniers sont indispensables. Cela permet d’empêcher les occlusions dues aux thromboses.

Prévenir

Il n’existe pas encore de remède capable d’empêcher les anévrismes. Eliminer les facteurs de risque de l’artériosclérose sert en général aussi de prophylaxie. C’est ainsi que le traitement de l’hypertension permet de réduire un grand nombre de risques susceptibles de provoquer un anévrisme.

Auteurs: Dr Ute Hopp, PD Dr Jürg Baltensweiler
Traduction: Gérard Gullung
Illustrations: Monsieur Eduard Imhof, PD Dr Jürg Baltensweiler

mis à jour:  11.04.2016

 
Clause de non-responsabilité/Avertissement

La CSS Assurance ne garantit pas l'exactitude ni l'exhaustivité des données. Faites-vous conseiller par votre médecin ou pharmacien. Les données publiées ne remplacent en aucun cas les conseils spécialisés du médecin ou du pharmacien.