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Inflammation de la vessie

Terme: Cystite

Différentes classes d’agents pathogènes peuvent se loger dans les voies urinaires, s'y multiplier et y provoquer une infection, qui peut évoluer en maladie aiguë ou chronique.

31-voies

Anatomie

L'urine produite par les reins est collectée par le bassinet des reins. Depuis le bassinet des reins, l'urine chemine à travers l'uretère jusqu'à la vessie où il va séjourner un certain temps avant d'être éliminé par l'urètre (Illustration).

Terminologie

Bactériurie:

Présence dans l'urine de bactéries pathogènes.

Causes et facteurs de risque

L'inflammation aiguë de la vessie est provoquée par des agents pathogènes qui s'installent dans la vessie. Il s'agit de bactéries du côlon (surtout des colibacilles) ou d'autres bactéries, plus rarement de protozoaires (en particulier de trichomonas), de champignons, de vers ou de virus. Les agents pathogènes parviennent dans la vessie par différentes voies:

  • La plupart du temps en remontant dans l'urètre. Les femmes sont désavantagées par rapport aux hommes à cause de leur urètre plus court.
  • Plus rarement par voie descendante à partir d'un bassinet infecté (inflammation du bassinet des reins).
  • Invasion de la vessie par des germes en provenance de processus infectieux du côlon (diverticulite).
  • La survie des bactéries au repos dans la muqueuse de la vessie (épithélium urinaire) permet leur réactivation et les récidives.

Aussi longtemps que la multiplication des bactéries et d’autres agents pathogènes sont tenus en échec dans la vessie par les défenses immunitaires, on ne constate guère de symptômes (bactériurie asymptomatique). Mais si la défense immunitaire est affaiblie, ils peuvent très vite se multiplier et irriter la muqueuse de la vessie. Les facteurs de risque sont:

  • Les corps étrangers dans les voies urinaires comme les calculs urinaires, les calculs rénaux ou les tumeurs. Un cathéter durable agit comme un corps étranger et favorise l'envahissement de la vessie par les bactéries à partir de l'urètre.
  • Obstacles à l'évacuation de l'urine suite à une descente de l'utérus et de la vessie, à une hypertrophie de la prostate, à des malformations. De l'urine résiduelle dans la vessie favorise la multiplication des bactéries.
  • La paralysie de la vessie chez la paraplégie ou d’autres maladies de la moelle épinière.
  • La grossesse à cause du relâchement des tissus et, le cas échéant, une vidange insuffisante de la vesse.
  • Lors de la post-ménopause la diminution de la production d'oestrogènes provoque une régression des tissus (atrophie de la muqueuse). Cela favorise l'envahissement du vagin par des bactéries pathogènes ainsi que la remontée de germes venant de l'urètre.
  • Faiblesse immunitaire, maladies du métabolisme (diabète sucré, goutte), Immuno-suppression.
  • Les opérations et les examens à l'aide d'instruments de voies urinaires (cystoscopie et autres).
  • Des rapports sexuels fréquents peuvent parfois provoquer chez les femmes des irritations mécaniques.
  • Des mesures d'hygiène inappropriés après avoir été à selles, par ex. „s'essuyer dans le mauvais sens“. La douche est plus hygiénique que les bains, surtout les bains de siège.
  • Durant l'enfance: Les infections des voies urinaires sont relativement fréquentes. Surtout chez les garçons, il existe la possibilité d'une malformation des voies urinaires descendantes.
  • Cystite à irradiation: Les dommages subis par la paroi de la vessie dans le cadre d'une irradiation peuvent provoquer une inflammation douloureuse et réduire du même coup la capacité de défense contre des germes pathogènes. Les femmes sont particulièrement concernées en cas de radiothérapie appliquée à des foyers de maladie maligne dans le petit bassin; chez les hommes, elle peut se manifester surtout après des irradiations subséquentes à un cancer de la prostate.
  • Que le fait d'être mouillé et refroidi favorise l'infection des voies urinaires est encore controversé.
  • Dans quelle mesure les processus auto-immunes participent à une inflammation de la vessie (cystite interstitielle) n'est pas encore pleinement élucidé.

Symptômes

Une simple inflammation de la vessie n'est pas une maladie grave, mais elle peut être très pénible-surtout si les crises de répètent.

  • Brûlures et douleurs au moment de la miction. Une envie fréquente d'uriner, souvent aussi la nuit, mais seulement de petites quantités.
  • Des douleurs sourdes et des crampes dans la région de la vessie, plus rarement une incontinence urinaire par impériosité ou hyperactivité vésicale.
  • Douleurs dorsales; des maux de ventre chez les petits enfants.
  • En présence d'urine résiduelle dans la vessie impossible à évacuer: parfois un écoulement goutte à goutte de l'urine. Chez les femmes, des pertes d'urine involontaires peuvent être dû à des descentes de vessie, du vagin et de l'utérus, chez l'homme, à une hypertrophie de la prostate.
  • L'urine est parfois trouble et purulente ou légèrement rougeâtre (présence de sang dans les urines) et sent parfois mauvais.
  • Une augmentation de la température et la fièvre sont plutôt rares, excepté chez les nouveau-nés et les nourrissons. Sinon une forte fièvre accompagnée de douleurs dans les flancs laisse soupçonner une inflammation du bassinet.

Complications et séquelles

Inflammation chronique ou par récidive de la vessie, avec rétrécissement de la vessie, remontée de l'infection dans les bassinets, septicémie (septicémie urémique).

Que peut-on faire?

Au début, lorsque les troubles sont encore légères, il suffit parfois d'un peu de chaleur (compresses chaudes ou bouillotte appliquée sur le bas-ventre), de boire beaucoup (tisane aux herbes, aux orties) et de vider souvent la vessie le plus complètement possible.

Le marché propose une multitude de préparations à base de plantes sous forme de jus, de tisanes et de tablettes. Le jus de canneberge ou d’airelles rouges a un effet anti-inflammatoire sur les muqueuses et permet de guérir plus rapidement les infections des voies urinaires. Il peut également se prendre par mesure de prévention. Mais en présence d'un facteur déclencheur persistant, il est inutile de s'attendre à une guérison spontanée (voir plus haut).

Quand faut-il consulter?

  • Si les remèdes de famille n'apportent aucune amélioration au bout de deux jours.
  • S'il s'y ajoute de la fièvre, des douleurs aux flancs ou au dos dans la région des reins.
  • S'il y a du sang dans les urines.
  • En cas d'infections répétées des voies urinaires et d'inflammation de la vessie, en particulier en période de grossesse, dans l'enfance et chez les diabétiques.

Diagnostic

Le médecin fait analyser l'urine au point de vue chimique et microscopique. En cas d'inflammation chronique, il procédera le cas échéant à une cystoscopie. S'il soupçonne que les reins soient impliqués dans la maladie, il sera nécessaire de faire des analyses du sang et de recourir à l'imagerie médicale (ultrasons, radiographie, tomographie à résonance magnétique).

Thérapie

  • Les médicaments antispasmodiques font disparaître les douleurs.
  • La plupart du temps les antibiotiques sont prescrits au début sans examiner au préalable la résistance des germes pathogènes, mais dans les infections à répétition, un antibiogramme est indispensable.
  • Dans la mesure du possible, la thérapie sera accompagnée par l'élimination des facteurs qui favorisent la maladie. En font également partie les interventions chirurgicales pour éliminer les obstacles mécaniques à l'écoulement de l'urine comme l'hypertrophie de la prostate, les affaissements dans la région génitale, les calculs urinaires ou rénaux.

Antibiothérapie
L'essentiel consiste à s'en tenir strictement aux directives du dosage; ceci permet d'une part de conférer au médicament sa pleine efficacité, tout en évitant le danger toujours imminent que les agents pathogènes deviennent résistants et insensibles au médicament.

Prévenir

  • Les produits qui contiennent le sucre naturel D-Mannose sont désormais aussi disponibles en Suisse.
    Cette forme de sucre interagit avec les bactéries (E. Coli) éventuellement présentes dans la vessie et responsables des inflammations. Elle empêche les bactéries d’adhérer à la paroi de la vessie et de provoquer de ce fait une infection urinaire. Au lieu de cela, les bactéries sont éliminées de la vessie avec le D-Mannose lors de la miction. Ainsi, le D-Mannose est particulièrement adapté à la prophylaxie d’une infection urinaire.
    Utilisation possible:
    • Mesure prophylactique après les rapports sexuels
    • Après la baignade
    • Après une exposition au froid
    • En cas de début d’inconfort au niveau de la vessie
      Prendre à chaque fois une cuillère à café de D-Mannose. Répéter la prise en cas de besoin.
      Le monosaccharide D-Mannose ne fournit pas d’énergie au corps et n’entraîne donc pas de prise de poids.
  • Ne pas porter trop longtemps sur la peau des habits mouillés (maillot de bain), maintenir les pieds et le tronc au chaud.
  • Le fait d'uriner après un rapport sexuel permet d'éliminer les bactéries qui auraient pénétré dans les voies urinaires. Cela vaut aussi bien pour les hommes que pour les femmes.
  • Ne pas utiliser les rinçages du vagin, les sprays intimes, les crèmes et les mousses spermicides ou seulement de manière exceptionnelle. Ils entravent la croissance des bactéries qui se trouvent normalement dans vagin (lactobacilles) et favorisent ainsi les infections qui peuvent envahir les voies urinaires.
  • En cas de tendance à faire des infections des voies urinaires: boire suffisamment et uriner fréquemment afin de rincer les voies urinaires; veiller à une vidange complète.
    Les patients souffrant d'une insuffisance cardiaque devrait s'informer auprès de leur médecin sur la quantité qu'ils devraient boire.
  • En cas de cystite à répétition, si le médecin a exclu les facteurs qui en sont d'habitude la cause, on peut essayer d'augmenter la résistance de l'organisme contre les colibactéries. Il existe à cet effet ce qu'on appelle des immunostimulants; ce sont des médicaments sous forme de capsules servant à renforcer la défense immunitaire.

Auteur: Dr méd. H. Ganguillet

mis à jour:  18.05.2017

 
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