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Poliomyélite, paralysie infantile

La paralysie infantile ou poliomyélite est une maladie infectieuse très contagieuse due au poliovirus. Dans les régions endémiques, elle se manifestait et se manifeste surtout chez les enfants, alors qu’en cas d’épidémie, elle affecte souvent aussi des personnes âgées. Comme l’infection s’attaque au système nerveux central (tronc cérébral et moelle épinière), le virus peut provoquer une paralysie passagère ou durable.

Jusqu’en 1955, on pouvait constater en Suisse jusqu’à 850 cas de maladie par ans dont 70 avaient une issue fatale. Avec le début de la vaccination, ce chiffre a reculé jusqu’en 1968 à 5 cas en moyenne par année et depuis, de zéro à un cas par année. La dernière poliomyélite signalée à l’OFSP est survenue en 1983.
Ailleurs, la situation n’est pas aussi réjouissante: Il y a eu des épidémies en Hollande (1992/93), en Albanie (1996) et quelques cas isolés dans d’autres pays.

Grâce à la vaccination préventive, la poliomyélite a reculé de manière drastique en Europe et en Amérique du Nord à tel point que l’OMS a pu déclarer officiellement le 21 juin 2002 que l’Europe était libérée de la polio. Mais des poliovirus sont toujours à nouveau acheminés dans des pays qui passent pour être exempts de polio, la Suisse n’est donc pas exclue. Un taux élevé de vaccination de la population et de bonnes conditions d’hygiène sont toujours les meilleures conditions pour prévenir une épidémie, même dans ce cas.

En 2009, la maladie est toujours encore endémique dans quatre pays, au Niger, en Afghanistan, en Inde et au Pakistan.

Terminologie

Endémie:

Manifestation durable ou répétée d’une maladie dans une région géographique délimitée (région endémique). L’agent pathogène est présent en permanence dans cette région.

Exposition:

L’organisme est exposé aux influences de l’environnement, par exemple aux agents pathogènes, aux substances nocives en tout genre ou aux rayonnements.

Prophylaxie d’exposition:

Mesures préventives ou de prudence pour ne pas s’exposer aux influences nocives (ici: ne pas s’exposer à l’infection par le poliovirus).

Contamination:

Contagion par des agents pathogènes. Adjectif: contaminé.

Atrophie:

Diminution de poids et de volume d’un organe ou d’un ensemble de tissus suite à la diminution de la taille ou du nombre des cellules. La plupart du temps il s’agit d’une atrophie par inactivité, la cause étant son manque d’utilisation. Exemple: un bras paralysé perd en masse musculaire. Adjectif: atrophique.

Causes et facteurs de risque

L’agent pathogène de la paralysie infantile est le poliovirus, dont il existe trois types différents. Les virus sont très résistants vis-à-vis des influences de l’environnement. Ils se transmettent d’homme à homme par simple contact (doigts sales portés à la bouche) par des aliments contaminés et l’eau, plus rarement suite à une infection par gouttelettes (lors d’une conversation, suite à un éternuement ou une toux). Le seul réservoir des agents pathogènes de la polio est l’homme.

Déjà au bout de deux jours après l’infection, une personne est en mesure de contaminer d’autres. Le virus est tout d’abord éliminé par le nez et pharynx, plus tard, durant des semaines et des mois, par les selles (excréteurs permanents). La maladie est à un tel point contagieuse, qu’il suffit de quelques jours pour que plus de 90% des personnes non immunisées soient infectées après avoir été en contact étroit avec le patient.

Le tableau clinique

Dans plus de 90% des cas, l’infection évolue sans présenter de symptômes ou bien la personne concernée ne perçoit qu’un léger refroidissement, parfois aussi des signes d’une gastrite.
La maladie devient invalidante lorsque le virus fait des ravages dans les cellules nerveuses de la moelle épinière qui commandent la motricité et du tronc cérébral. Lorsque les manifestations de la maladie méningée sont pleinement développées ou lorsqu’il s’agit de la paralysie, l’évolution comprend deux phases.

  • Stade initial: 7 à 15 jours (parfois seulement au bout de quelques semaines) après la contamination, on constate des symptômes analogues à ceux de la grippe, abattement, fièvre, rhume, maux de tête, courbatures. Autre élément typique, la diarrhée, mais celle-ci n’est pas toujours présente. La guérison complète intervient souvent après ce stade, qui dure environ deux jours, et il ne viendrait à l’idée de personne de penser à une infection de poliomyélite.
  • Stade de latence: suivent un à quatre jours sans aucun trouble.
  • Poliomyélite méningée: elle provoque une méningite. Les malades se plaignent de maux de tête et de douleurs dans la nuque, sont très sensibles qu’on les touche, ont des courbatures, de la fièvre, de la diarrhée et une faiblesse musculaire généralisée. Même à ce stade, une guérison sans séquelles est encore possible.
  • Poliomyélite paralytique: Elle frappe moins de 1% de tous les malades, mais les séquelles peuvent être dramatiques. Il arrive qu’elle soit précédée par les signes d’une méningite. Durant la nuit (paralysie du matin) ou au bout de quelques heures, on constate des paralysies flasques, réparties de manière asymétrique et souvent douloureuses. Elles affectent surtout les muscles près du tronc et des jambes. La musculature de la respiration peut être affectée. S’il s’agit de la forme cérébrale, si le cerveau est impliqué, il peut s’y ajouter des crampes et des troubles de la connaissance. Si l’infection attaque aussi les centres nerveux dans le tronc cérébral, il en résulte des troubles de la déglutition, une paralysie de la respiration et des troubles quant à la régulation de la circulation sanguine.

Séquelles de la poliomyélite paralytique

Si la maladie évolue pleinement jusqu’au dernier stade de la paralysie, il s’agit d’une affection potentiellement invalidante qui exige l’hospitalisation. Les paralysies régressent parfois pleinement en l’espace de plusieurs mois, mais on ne peut pas prévoir individuellement si et jusqu’à quel point le processus de guérison va progresser. Les états résiduels suite à une poliomyélite sont des paralysies permanentes avec atrophie des muscles et du squelette, déformation des os et des articulations. Chez les enfants, la croissance est retardée dans les parties frappées de paralysie; il en résulte des défauts de la croissance avec une asymétrie du squelette.

On n’a pas encore pleinement élucidé l’importance de ce qu’on appelle le syndrome post-polio, caractérisé par une diminution de la masse musculaire, des douleurs et une faiblesse pouvant aller jusqu’à l’épuisement. La discussion porte sur une éventuelle liaison avec d’autres maladies, comme le syndrome de fatigue chronique.

Que peut-on faire?

A son premier stade, personne ne soupçonne la poliomyélite, à moins qu’il s’agisse d’une épidémie ou que l’on séjourne dans un pays où la paralysie infantile est encore fréquente. On peut se limiter à des mesures de prévention, à la vaccination et lors d’un voyage dans des pays exposés à ce danger (pays endémique, épidémie) il faut penser à réactualiser la protection par la vaccination ainsi qu’à la prophylaxie d’exposition, c’est à dire éviter les contacts avec l’agent pathogène.

Quand faut-il consulter?

Il est toujours recommandé de consulter le médecin lorsqu’on soupçonne une poliomyélite. Sous nos latitudes, il faut consulter si, quelques jours après un voyage à l’étranger dans des zones dangereuses, on éprouve des maux de tête violents, accompagnés de fièvre et d’autres signes d’une maladie généralisée. En règle générale, ce sont seulement les personnes non vaccinées contre la poliomyélite qui peuvent en être affectées La maladie doit être signalée à l’OFSP.

Le diagnostic sera posé en décelant la présence de virus dans les échantillons de matière fécale, dans un frottis de pharynx ou par l’examen du liquide rachidien.

Thérapie

Même de nos jours, seuls les symptômes peuvent se traiter, ce qui renforce encore l’importance de la vaccination préventive. Une poliomyélite paralytique exige un traitement confié à du personnel spécialisé qui fera appel, le cas échéant, à la ventilation artificielle. Il faut souvent changer la position des personnes paralysées et faire bouger passivement leurs membres afin d’éviter les escarres sur la peau et l’engourdissement des articulations. Il est très important de prévoir des traitements suivis de réhabilitation à base d’exercices physiques adaptés à ces malades.

Prévenir

Depuis 1983, aucune nouvelle contamination par le poliovirus n’a été enregistrée en Suisse selon l’OFSP. Mais des personnes infectées, venant des régions où la maladie n’a pas été éradiquée, peuvent entrer sur notre territoire. Raison pour laquelle la vaccination, en particulier pour les enfants, est toujours encore d’une très grande importance, même si l’OMS a déclaré l’Europe exempte de polio.

  • Les enfants: Il est recommandé de vacciner les petits enfants trois fois au cours du deuxième, du quatrième et du sixième mois de sa vie. Le premier rappel est nécessaire au cours de la deuxième année, le deuxième doit intervenir à l’âge de 4 à 7 ans.
    Le vaccin est injecté et permet de protéger l’organisme contre les trois types de poliovirus. La tolérance du vaccin est bonne et la protection fiable.
  • Les adultes devraient renouveler la protection par vaccination avant tout voyage dans des régions à risque dans la mesure où le dernier rappel remonte à plus de 10 ans.
  • Prophylaxie d’exposition dans les zones dangereuses: pas de contact avec les malades. Dans les zones endémiques ou en cas d’épidémie, il faut veiller à une stricte hygiène en lavant soigneusement les mains au savon afin d’éviter que les agents pathogènes ne se propagent par négligence. Il faut bouillir l’eau qui peut être contaminé, également le lait cru. Eviter les aliments non cuits dans les régions où l’hygiène laisse à désirer.

Autres informations et adresses

  • Office fédéral de la santé publique (OFSP)
    3003 Berne
    Tél. 031 322 21 11
    www.bag.admin.ch

Auteurs: Dr Ute Hopp, PD Dr Jürg Baltensweiler
Traduction: Gérard Gullung
Illustrations: Monsieur Eduard Imhof, PD Dr Jürg Baltensweiler

mis à jour:  11.04.2016

 
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