0844 277 277 Lu-Ve 8-18 heures
CSS Assurance
vers le lexique de la santé
medicine 2.0

Légionellose, Maladie des légionnaires et fièvre de Pontiac

La légionellose est un terme générique pour certaines maladies infectieuses. Elle est provoquée par des bactéries du genre Legionella, répandue sur toute la terre. L’agent pathogène est connu depuis l’épidémie qui a sévi parmi les vétérans du Vietnam et qui ont été contaminés en 1976 par la climatisation d’un hôtel à Philadelphie. D’où son nom de maladie des légionnaires; elle n’a donc rien à voir avec la légion étrangère. La légionellose se manifeste comme une pneumonie et peut causer une mortalité allant jusqu’à 10%.

Ces dernières années, plusieurs épidémies régionales ont été signalées, par ex. en Espagne (2001) et en Angleterre (2002) et en France (2004). En Suisse, le chiffre annuel des cas de maladie se situe depuis 2000 entre 100 et 200, parmi lesquels on déplore aussi quelques décès.

Une autre forme de cette maladie, provoquée par un agent pathogène du genre Legionella, est la „fièvre de Pontiac“ ainsi nommée à cause de la ville du même nom et dans laquelle on a déjà enregistré une épidémie en 1968. Les indications sur la mortalité causée par cette affection divergent, mais elle devrait être plutôt faible.

Terminologie

Aérosol:

Gouttelettes d’eau ou de vapeur dans l’air. L’aérosol peut contenir des germes pathogènes qui pénètrent dans les poumons au moment de l’inspiration.

Déficiences multi-organiques:

Importantes diminutions ou déficiences fonctionnelles de plusieurs organes vitaux qui peuvent avoir une issue fatale.

Épidémie:

Propagation d'une maladie touchant un grand nombre des personnes d’une maladie dans une région délimitée durant une période limitée (limitée au point de vue géographique et temporel).

Exposition:

L’organisme est exposé aux influences de l’environnement, par exemple aux agents pathogènes, aux substances nocives en tout genre ou aux rayonnements.

Causes et facteurs de risque

Les agents pathogènes de la légionellose sont des bactéries du genre Legionella, dont il existe différentes espèces. L’infection se produit quand les bactéries finement réparties dans les gouttelettes d’eau ou de vapeur (aérosol) sont inspirées et pénètrent dans les poumons.
Dans leur écosystème naturel (lacs, étangs, fleuves, etc.) les légionnelles ne causent généralement pas de problèmes.

Facteurs de risque

  • Les lieux d’éclosion artificiels des légionnelles sont tous les systèmes à base d’eau, générés par la civilisation, en particulier les revêtements humides (biofilm) ainsi que les calcifications. Les bactéries prospèrent de manière extraordinaire dans l’eau polluée, dans les douches à la propreté douteuse, les piscines, sur les robinets et sur le sol humide. Les conduites d’eau qui ne sont utilisées que temporairement (par ex. dans les hôtels ou les appartements de vacance) ainsi que les tours de réfrigération et les installations de climatisation sont autant de sources de risque. Entrent également en ligne de compte comme source d’infection les humidificateurs, les vaporisateurs, les saunas et les bains thermaux, les fontaines de décoration à l’intérieur des bâtiments, mais aussi les systèmes de refroidissement des machines, même le terreau pour les fleurs et le compost.
  • La température optimale de survie des bactéries de genre Legionella se situe entre 20 et 45 degrés. Les bactéries se multiplient en partie grâce aux amibes en se „cachant“ dans leurs kystes. Ces derniers réagissent moins aux influences de l’environnement (également à l’eau plus chaud et aux variations du pH), ce qui rend le combat contre les agents pathogènes de la légionellose plus difficile. La concentration du chlore admise pour l’eau des piscines et l’eau potable ne tue pas les légionnelles. Le risque d’infection par ces bactéries est cependant plus réduit dans les piscines, car il ne s’y produit guère d’aérosols.
  • Sont particulièrement menacées les personnes de 40 à 50 ans, en particulier les fumeurs, les personnes qui souffrent de déficience immunitaire, de diabète sucré ou d’autres maladies chroniques, en particulier d’affections pulmonaires chroniques.
  • Selon l’état actuel des connaissances, le fait de boire de l’eau polluée n’entraîne pas la maladie des légionnaires.

Le tableau clinique, maladie des légionnaires et fièvre de Pontiac

Une infection de légionnelles ne présente la plupart du temps pas de symptômes ou bien les personnes concernées ne ressentent qu’un léger refroidissement. Mais la maladie des légionnaires et la fièvre de Pontiac sont des manifestations plus graves.

La maladie des légionnaires

Deux à dix jours (rarement plus) après l’infection, apparaissent les signes habituels de la maladie, forte fièvre, maux de tête, douleurs dans les membres, maux de gorge et toux, parfois des vomissements. Elle et souvent accompagnée par une diarrhée très liquide. A son stade initial, la maladie des légionnaires ressemble à la grippe, mais elle évolue très vite en pneumonie en atteignant des degrés de gravité divers, avec des toussotements pouvant aller jusqu’à une forte toux et dont les expectorations contiennent souvent un peu de sang. Les malades souffrent de douleurs dans le thorax et de gêne respiratoire.

Complications

Elles apparaissent en particulier quand la défense immunitaire est déjà affaiblie et de préférence chez les personnes âgées.

  • Troubles de la conscience, état de confusion mentale.
  • Troubles de fonctionnement du foie, du coeur et des reins.
  • Choc septique, dans les cas les plus graves, défaillance multi-organique.

Fièvre de Pontiac

Cette maladie plus bénigne débute déjà au bout d’un à trois jours après l'infection avec des symptômes ressemblant à ceux de la grippe, forte fièvre, douleurs musculaires, maux de tête et diarrhée. Elle s’accompagne parfois de troubles de la conscience et de vertiges, mais contrairement à la maladie des légionnaires, plus dangereuse, elle n’entraîne pas de pneumonie.

Que peut-on faire?

En cas de refroidissement à forte fièvre en dehors de la saison de la grippe et si les causes susmentionnées en sont probablement à l’origine, il faut penser à la légionellose et appeler le médecin. Il relève du service de santé d’en rechercher la source et de veiller à son élimination.

Quand faut-il consulter?

Tout soupçon de maladie des légionnaires devrait être soumis à l’examen du médecin. Contrairement à la grippe, pour laquelle on peut seulement combattre les symptômes et les éventuelles complications, la légionellose est sensible à une thérapie aux antibiotiques et cette dernière est incontournable, vu le degré élevé de mortalité causée par cette maladie.
Comme la contamination d’une personne à l’autre semble invraisemblable, il n’est pas nécessaire d’isoler les malades.

Diagnostic

Il se base sur les examens de l’urine, des expectorations ou de l’eau de rinçage après un examen pulmonaire, le cas échéant, sur une prise de sang.

La fièvre de Pontiac se guérit normalement sans antibiotiques en l’espace d’une semaine. Il est possible d’utiliser des remèdes de familles afin de calmer les troubles de la maladie.

Prévenir

Le contrôle de l’eau pour déceler la présence de légionnelles est complexe, car il faut en même temps tenir compte des conditions de l’environnement. Il existe plusieurs méthodes pour éliminer les bactéries, mais il faut respecter certaines directives (par ex. celles de l’OFSP sur les produits chimiques). La désinfection ou le nettoyage demande donc un certain nombre de connaissances spéciales. La désinfection thermique est très coûteuse et exige des températures d’au moins 70 degrés.

  • Le fait de chlorer l’eau freine la prolifération des germes, mais la quantité de chlore admise en Suisse pour l’eau potable ne suffit par à tuer les légionnelles.
  • L’OFSP recommande de porter la température des chauffe-eau (boiler) au moins une fois par jour à 60 degrés et de maintenir l’eau à 50 degrés en amont des mélangeurs afin d’empêcher la prolifération des germes. La température des systèmes à base d’eau froide devrait se situer à moins de 20°.
  • Les installations d’eau qui ne sont pas régulièrement utilisées ou qui restent inutilisées pendant un temps assez long (par ex. dans les appartements de vacance, les hôtels, les homes pour personnes âgées), constituent un risque plus élevé. Voici quelques recommandations pour les appartements de vacance, à appliquer après une absence prolongée: avant d’utiliser la douche, laisse couler l’eau froide et l’eau chaude pendant un certain temps, sans qu’il se produise de l’aérosol. On obtient cela en laissant tout d’abord couler l’eau dans la baignoire, en y plongeant la pomme de douche tout en la faisant fonctionner un certain temps. Dans la cabine de douche, on laisse couler l’eau un certain temps directement dans l’ouverture de l’écoulement. Mettre le ventilateur (s’il existe) en marche avant de quitter la salle de bain.
  • Toujours utiliser de l’eau stérilisée pour les inhalateurs.

Autres informations et adresses

  • Office fédéral de la Santé Publique(OFSP)
    3003 Berne
    Tél. 031 322 21 11
    www.bag.admin.ch

Auteurs: Dr Ute Hopp, PD Dr Jürg Baltensweiler
Traduction: Gérard Gullung
Illustrations: Monsieur Eduard Imhof, PD Dr Jürg Baltensweiler

mis à jour:  11.04.2016

 
Clause de non-responsabilité/Avertissement

La CSS Assurance ne garantit pas l'exactitude ni l'exhaustivité des données. Faites-vous conseiller par votre médecin ou pharmacien. Les données publiées ne remplacent en aucun cas les conseils spécialisés du médecin ou du pharmacien.