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vers le lexique de la santé
medicine 2.0

Maladies vermiculaires, Verminose

Terme: Helminthose
En détail: Oxyures, Ascaris, Ténias

A l’origine d‘une infection causée par des vers on trouve les oeufs ou les larves de ces parasites. Ces derniers se transforment dans l’organisme humain en vers adultes qui se reproduisent en pondant à nouveau des oeufs. Les vers, les segments de ver ou les oeufs s‘éliminent avec les selles. Les sources d’infection sont les aliments contaminés, l‘eau polluée ou le contact direct, par ex. avec des animaux domestiques.

Vue d‘ensemble

Les vers (helminthes), qui provoquent des maladies, passent par des cycles de développement très typiques, les oeufs deviennent des larves et finalement des vers, alors que certains connaissent plusieurs stades. Un changement d’hôte est fréquent et l’homme peut être un hôte intermédiaire ou un hôte final. Les oeufs des vers sont très résistants et peuvent survivre en dehors de l’organisme humain – selon les conditions de l’environnement – plusieurs mois, voire plusieurs années. Quand quelqu’un s’infecte, des vers se développent à l’intérieur de son intestin sans provoquer de symptômes ou bien ces derniers seront minimes. L’évolution de la maladie sera plus grave quand les larves se répandent dans l’organisme humain.

Parmi les vers les plus fréquents en Europe on compte les oxyures, les ascaris et certains ténias (voir plus loin). Suite à l’augmentation des voyages dans les pays tropicaux, on constate aussi chez nous de plus en plus des parasitoses inhabituelles, „exotiques“. Par manque de place, ces dernières ne seront pas décrites ici.

Classification

  • Les vers ronds ou nématodes: En font partie les oxyures (enterobius vermicularis) et les ascaris lumbricoïdes, les trichines et de nombreuses helminthes, qui apparaissent surtout ou exclusivement dans les régions tropicales et sous-tropicales. Ce sont les nématodes qui ont de par le monde la plus grande importance pour l’homme. Certaines estimations indiquent par exemple qu’un quart de la population mondiale est infecté par des ascaris et qu’environ 50‘000 personnes meurent chaque années suite aux complications de cette maladie.
  • Les vers plats ou trématodes: On les désigne aussi comme des sangsues. En font partie les schistosomes, dans les régions plus chaudes, dont les larves pénètrent dans l’organisme par la peau. Les oeufs, les larves et les vers de ces helminthes peuvent causer dans les organes humains de graves dommages.
    Les hôtes intermédiaires des trématodes qui peuvent provoquer chez l’homme des maladies, sont des escargots dans lesquels se développent les larves. Les trématodes qui se rencontrent en Europe peuvent aussi infecter les oiseaux aquatiques ou de petits mammifères et peuvent, suite à des contacts répétés, provoquer ce qu’on appelle la dermatite des nageurs, qui, comparée aux maladies susmentionnées, est plutôt bénigne.
  • Les ténias, appelés cestodes: Les plus importants sont le ténia du renard (echinococcus multilocularis) et du chien (echinococcus granulosus), le ténia du boeuf (taenia saginata) et le ténia du porc (taenia solium). Ils sont plus rares chez l’homme comme nématodes, mais ils peuvent parfois provoquer des affections graves.

Causes, voies de transmission et facteurs de risque

Les oeufs des vers

Ils pénètrent dans l’organisme humain:

  • Suite à l’ingestion d’aliments pollués par des matières fécales, par ex. des salades, des légumes ou des baies non lavés. Le fait de ramasser des baies dans la forêt et de les manger immédiatement peut provoquer une infection due au ténia du renard.
  • En touchant avec la bouche des surfaces recouvertes d’oeufs de vers: par ex. embrasser un chien ayant des vers, sucer les doigts après avoir caressé un chien et tout autre contact similaire.
  • Rarement par les voies respiratoires par inspiration de poussières de fèces.

Les larves des vers

Les larves sont surtout absorbées avec de la viande ou du poisson infectés, crus ou insuffisamment cuits.

Dans les régions tropicales

Là on observe d’autres voies de transmission.

  • Les larves de certains trématodes perforent directement la peau et se multiplient ensuite dans l’organisme en empruntant la circulation sanguine. Sont particulièrement importants les schistosomes (bilharzie), dont il existe plusieurs sortes. On les rencontre en Afrique, en Amérique du Sud et/ou dans certaines parties d’Asie. Les hôtes intermédiaires sont les escargots aquatiques.
    La voie d’infection par la peau peut se rencontrer en Europe, mais elle y est très rare.
  • Certains insectes hématophages peuvent transmettre les oeufs ou les larves des vers.

Les tableaux cliniques

Les symptômes dépendent de la sorte et du nombre de vers ou de larves absorbés ou qui se sont développés dans l’organisme. Les vers adultes ne produisent pas les mêmes symptômes que les larves. Les démangeaisons sont fréquentes et certaines infections produisent les symptômes d’une gastroentérite.

Vers ronds (nématodes)

Ils mesurent quelques millimètres jusqu’à plusieurs centimètres. Les vers adultes, à quelques exceptions près, vivent dans l’intestin. Les larves peuvent pénétrer chez l’homme dans différents organes, le foie, les poumons, la musculature, etc. Les oeufs et les larves sont éliminés avec les selles.

  • Oxyures: Ils sont la cause de la plupart des infections dues aux vers chez l’homme, mais ce sont surtout les enfants qui en sont affectés. Ces parasites blancs, dont la longueur peut atteindre jusqu’à un centimètre, vivent dans le gros intestin.
    • Lorsque les femelles quittent le gros intestin la nuit pour pondre les oeufs, il s’ensuit un prurit anal, principal symptôme de l’oxyurose, souvent accompagnée de rougeur de la peau et de traces de grattage. On observe rarement d’autres signes de maladie, par ex. des entérites.
    • Suite au grattage, les oeufs peuvent de nouveau parvenir dans la bouche et les intestins (infection suite à un contact) ou bien ils seront absorbés avec des aliments ou de l’eau contaminés; il est même possible que du linge soit à l’origine de la contamination. Dans les institutions utilisant des équipements en commun, il arrive souvent que plusieurs personnes en soient infectées.
  • Ascarides: Ils sont répandus partout dans le monde, chez les animaux domestiques, surtout chez les chats, mais aussi chez les hommes et les oiseaux.
    • Si les conditions sont favorables, les oeufs éliminés avec les selles sont des mois durant infectieux et pénètrent dans l’organisme humain avec des légumes et des fruits souillés.
    • Les larves écloses dans l’intestin grêle empruntent la circulation sanguine pour pénétrer dans le foie. Si les larves meurent assez tôt, l’infection passe inaperçue. Dans le cas contraire, les larves envahissent avec le sang les poumons où elles peuvent provoquer des réactions allergiques et une bronchite. Si les larves pénètrent dans la trachée en passant par les bronches, elles y provoquent de la toux avant d’être de nouveau avalées.
    • Ce n’est qu’à ce moment que se forment dans l’intestin grêle de l’organisme humain des ascaris adultes blancs et longs de 15 à 40 centimètres. Si l’intestin est fortement infesté, les troubles y sont plus importants: coliques, malaise, sous-alimentation. Il est rare qu’un enchevêtrement d’ascaris provoque une occlusion de l’intestin grêle.
  • Trichines (Trichinella spiralis): Les trichines sont répandues partout, en particulier chez les porcs, mais aussi chez les mammifères vivant à l’état sauvage et chez les hommes. Les vers sont très petits (1,5 à 4 mm).
    • L’homme s’infecte en mangeant de la viande infestée de larves, surtout de la viande de porc et de nos jours en mangeant du gibier.
    • Phase intestinale: La femelle adulte produit des larves qui se développent d’abord dans la muqueuse de l’intestin grêle. Si la résistance est bonne, la maladie est peu probable. Si des symptômes se manifestent, il s’agit des réactions inflammatoires ou allergiques avec de la diarrhée, des crampes d’estomac et des nausées.
    • Phase extra-intestinale : En empruntant le système lymphatique et le système circulatoire, les trichines peuvent envahir les poumons, le foie et plus tard la musculature. Des réactions inflammatoires et allergiques avec fièvre et douleurs musculaires (myalgies) sont possibles. Autre élément typique, les oedèmes surtout dans le visage. Les signes cliniques concernant le cerveau, la respiration et le coeur sont plus rares.
    • Stade chronique: Dès que les trichines, enkystées dans la musculature, se mettent à y séjourner – ce qui peut arriver déjà au bout d’une semaine – les symptômes disparaissent à l’exception de la faiblesse musculaire. Les trichines enkystées dans ce qu’on appelle les pseudocystes peuvent survivre durant des décennies dans le tissu musculaire.

Les ténias (cestodes)

Leur tête est munie de ventouses et de crochets qui leur permettent de s’accrocher à la paroi intestinale. Leur corps est formé de segments blanchâtres, aplatis, ressemblant à de larges nouilles.

  • Ténia du renard (Echinococcus multilocularis): Dans les pays européens, on le rencontre surtout en Suisse, en Autriche et dans le sud de l’Allemagne, mais aussi en Europe de l’Est, dans certaines régions d’Asie et en Amérique du Nord. De nombreux renards sont infectés et comme ils se rendent de plus en plus dans les régions peuplées, la maladie concerne aussi les humains. Les vers adultes sont de très petite taille (1 à 4 mm), comparés à d’autres ténias et vivent dans l’intestin de l’hôte définitif; cela concerne aussi, en dehors des renards, les chats et les chiens.
    • La contamination s’opère par la consommation de denrées alimentaires souillées, légumes, champignons, fruits (également les baies des forêts), de la viande insuffisamment cuite ou par le contact avec des animaux domestiques.
    • Une fois les oeufs absorbés, des larves éclosent dans l’intestin grêle et pénètrent ensuite avec la circulation sanguine dans le foie, plus rarement dans les poumons, le cerveau ou dans le tissu musculaire. Il s’y forme des kystes, qui contiennent de nombreuses vésicules (échinococcose alvéolaire), qui grossissent comme une tumeur cancéreuse en détruisant le tissu environnant et en investissant les organes proches. A cela s’ajoute le fait que les symptômes apparaissent seulement quand des organes sont déjà endommagés, en particulier le foie, le cas échéant aussi d’autres organes de l’abdomen ou même les poumons.
    • Cette affection dangereuse non traitée évolue dans plus de 90% des cas vers une issue fatale. Grâce à l’amélioration de la thérapie (opération, médicaments) la mortalité a été abaissée à 20% environ. Après une destruction massive du foie, seule une transplantation d’organe constitue une possibilité de guérison.
  • Ténia du chien (Echinococcus granulosus): En Europe, on le rencontre surtout dans les régions du sud, mais aussi dans certaines régions d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud. Les hôtes définitifs sont le chien, le chat, le renard etc. L’hôte intermédiaire, dans lequel se développent les larves, est l’homme, en dehors des ruminants, des moutons et des chevaux.
    • Après l’ingestion des oeufs suite au contact avec des animaux ou de denrées alimentaires, les larves peuvent pénétrer dans le foie, plus rarement dans les poumons, le cerveau et d’autres organes ou dans la cavité abdominale de l’organisme humain.
    • Là, ils se développent pour former des kystes hydatiques (remplies de liquide) qui peuvent atteindre jusqu’à 12 cm. Nombre d’entre elles se calcifient et passent inaperçues, d’autres provoquent, suite à des compressions de tissus des symptômes, des douleurs dans la région du foie, des coliques biliaires, parfois un ictère, des maux de tête, plus rarement des crampes ou de la toux. Cette infection est malgré moins dangereuse que celle du ténia du renard, car son évolution reste limitée. Quand les kystes éclatent et que du liquide ainsi que des larves entrent en contact avec le tissu environnant, il s’ensuit tout de même de graves réactions allergiques.
  • Le ténia du poisson peut atteindre une longueur de 10 ou même 20 mètres; il vit dans la partie supérieure de l’intestin grêle de l’homme. On le rencontre dans de nombreuses régions, également en Europe. 
    • Les oeufs arrivent dans l’eau où ils sont avalés par de petits crustacés et par des poissons.
    • Chez l’homme les larves sont surtout absorbées avec du poisson cru ou insuffisamment cuit; elles se développent ensuite pour devenir des vers. 
    • L’infection reste la plupart du temps asymptomatique, sinon les signes typiques sont la diarrhée et les nausées, parfois de l’anémie, due au fait que le ténia du poisson absorbe la vitamine B12 contenue dans l’intestin grêle.
  • Ténia du boeuf et le ténia du porc: On les rencontre partout dans le monde, surtout dans les régions aux mauvaises conditions hygiéniques. Le ténia du porc peut mesurer jusqu’à 7 mètres, le ténia du boeuf jusqu’à 12 mètres.
    • Suite à l’absorption de larves avec de la viande de boeuf ou de porc, il se forme dans l’intestin grêle des parasites adultes. Les symptômes de la maladie sont la plupart du temps non spécifiques ou absents; il peut se produire des maux de ventre, un manque d’appétit alternant avec du faim féroce, de la faiblesse et de l’amaigrissement. Dans les selles on trouve parfois des segments blancs de vers contenant des oeufs, qui vont de nouveau infecter des boeufs ou des porcs.
    • Les conséquences seront plus graves, si les oeufs du ténia du porc sont absorbés avec des aliments et de l’eau contaminés, ou avec les mains. Il se forme alors dans l’organisme humain des larves, qui migrent par le sang dans d’autres organes (tissu musculaire, plus rarement le cerveau, les yeux, etc.). A cet endroit se forment ce qu’on appelle des cysticerques, ce sont des vésicules contenant la tête d’un ténia. Ils peuvent rester muets (asymptomatiques), mais après destruction des cysticerques, il se produit une forte réaction inflammatoire. Si le cerveau est infesté (neurocysticercose), il est possible qu’il y ait des accès de crampe, des troubles de la conscience, des absences de sensations ou des troubles moteur, de la méningite et d’autres symptômes.

Que peut-on faire?

Les personnes souffrant d’une infection par les vers éliminent des vers, des morceaux de vers ou des oeufs. Une hygiène très stricte, en particulier le fait de bien se laver les mains (y compris les ongles) et de bien se laver après les selles ainsi que le fait de cuire le linge de corps et les serviettes de toilette interrompent la voie de l’infection et empêchent une contamination répétée. La même chose est valable pour la désinfection des toilettes après usage.

Quand faut-il consulter?

Lorsqu’on soupçonne une infection par les vers, une consultation est toujours recommandée.

Le diagnostic s’établit en observant les symptômes et des parties de vers ou encore des oeufs dans les selles, en les „collectant“ au l’anus à l’aide de bandelettes. Cependant, les oeufs et les parties de ver ne sont pas toujours décelés lorsque se manifestent les premiers symptômes de la maladie. La preuve de la présence de larves exige des techniques d’imagerie médicale comme les ultrasons, la radiographie, la tomographie par résonance magnétique. Il existe aussi différents tests sanguins.
Quand un enfant est infecté, il est recommandé de faire examiner le reste de la famille.

Thérapie

Le traitement vermifuge se fait à l’aide de médicaments.
Le kyste d’un cestode exige, pour autant que faire se peut, une opération. Celle-ci sera complétée selon le cas par la prise de médicaments.

Prévenir

  • Ne jamais manger cru des produits carnés et des poissons dont on ne connait pas la provenance, en particulier dans les régions au standard d’hygiène peu élevé. Il est nécessaire d’apprêter ces denrées avec beaucoup de soin, par ex. en les cuisant longtemps, en les laissant suffisamment longtemps dans le fumoir ou en les congelant. Autre mesure: le contrôle des denrées alimentaires (contrôle des abattoirs).
  • Bien laver les légumes, la salade, les champignons et les baies avant de les consommer.
  • Mesures d’hygiène: se laver les mains avant de quitter les toilettes; entretien des installations sanitaires.
  • Examiner régulièrement les animaux domestiques (pas seulement les chiens et les chats) et si nécessaire leur administrer un vermifuge. Le fait de se laisser lécher par lui peut suffire pour être contaminé; il faut l’éviter surtout si l’animal est étranger.
  • Eviter le contact avec les personnes qui ont des vers, surtout parmi les enfants.
  • Dans les régions tropicales et sous-tropicales, les recommandations sont complétées par d’autres mesures de prévention valables pour tous les voyageurs des tropiques. Un conseil tout spécial à propos de la bilharziose (schistosomiase): Les parasites vivent dans les eaux stagnantes d’Asie, d’Afrique, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud et peuvent se transmettre par un simple contact de courte durée. Il est de ce fait fortement recommandé de ne pas se baigner dans les eaux stagnantes de ces régions et d’éviter le contact direct de la peau avec le sol. Autres précautions à observer dans les régions tropicales: combattre les moustiques et les mouches qui peuvent transmettre des oeufs ou des larves des vers.

Auteurs: Dr Ute Hopp, PD Dr Jürg Baltensweiler
Traduction: Gérard Gullung
Illustrations: Monsieur Eduard Imhof, PD Dr Jürg Baltensweiler

mis à jour:  11.04.2016

 
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