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Maladies transmises par des tiques

En détail: Borréliose de Lyme et méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE)

Il s’agit de deux maladies infectieuses bien différentes qui n’ont qu’un point commun: leur voie d’infection. Pendant les saisons chaudes, les tiques se fixent sur la peau des hommes et des bêtes pour y sucer le sang dont elles ont besoin pour se développer. Une tique peut transférer à notre organisme des bactéries et des virus. Mais toutes les tiques ne sont pas infectées, raison pour laquelle chaque morsure ne provoque pas nécessairement une maladie. Les tiques deviennent actives dès que la température dépasse les 10°, mais la plupart des infections arrivent à la saison chaude.

La borréliose ou maladie de Lyme est provoquée par différentes espèces de bactéries, les Borrelia. Les bactéries envahissent le colon de la tique et pénètrent dans l’organisme humain au moment où la tique suce le sang.
La méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE) ou encéphalite à tiques  se manifeste suite à une infection virale. Les virus vivent dans les glandes salivaires du parasite et peuvent ainsi se transmettre immédiatement après la piqûre.

Les causes

  • Les agents transmetteurs: les tiques font partie de la famille des arachnides et envahissent la plupart des forêts de feuillus ou des forêts mélangées avec un sous-bois touffu. Elles se fixent sur les passants en bordure de forêt, mais aussi près des sous-bois, des buissons et des herbes dans les parcs et les jardins. Le chien peut aussi transmettre des tiques à l’homme.
  • Les agents pathogènes: Les tique infectées par des  Borrelia sont pratiquement partout où vivent des tiques, alors que les virus MEVE ne se rencontrent que dans certaines régions suisses ou européennes (régions endémiques, voir la carte sur la page d’accueil de l’OFSP/BAG). La situation par rapport au niveau de la mer a une influence sur la présence des agents pathogènes. C’est ainsi qu’on ne trouve pas de tiques infectées par des virus MEVE au-dessus de 1000 m, et celles qui sont infectées par des Borrelia, ne vivent pas au-dessus de 1500m.  Chaque tique ne transmet pas nécessairement des bactéries ou des virus,  même dans les régions  menacées.
  • Alors que selon la région, jusqu’à 50% des tiques sont infectées de Borrelia, seul un nombre réduit de tiques portent en elles le virus MEVE.

La borréliose

Une piqûre de tique tout à fait „banale“ provoque en quelques heures, au maximum au bout de deux jours, sur la peau une inflammation localisée ressemblant à une piqûre d’insecte. Elle dépasse rarement le 1 cm et disparaît rapidement. La piqûre ne provoque pas nécessairement une borréliose; une guérison sans symptômes n’est pas rare.

La borréliose ou maladie de Lyme évolue en trois phases, sans que le malade doive nécessairement subir chaque phase. L’évolution suivante de la maladie est valable au cas où il n’y aurait pas de traitement. Si la thérapie est correctement appliquée, le patient ne subit que le premier stade de la maladie. Les stades peuvent aussi se chevaucher et parfois certains organes ou systèmes d’organes ne tombent pas malade les uns après les autres, mais en même temps.
Celui qui aura été piqué par une tique en Amérique constate souvent d’autres symptômes que ceux décrits ici. Cela est dû au fait que sur le continent américain il existe d’autres espèces de Borrelia.

Premier stade de la borréliose

L’élément typique d’une infection par des Borrelia est une rougeur (mais seulement dans un tiers des cas) que l’on nomme aussi érythème migrateur. Cette coloration rouge bleutée de la peau avec un centre plus clair débute au bout de quelques jours (la plupart du temps au bout de 7 à 10 jours) au point de piqûre et s’étend de façon concentrique jusqu’à atteindre un diamètre de 5 cm. Chez les enfants cet érythème migrateur apparaît souvent à la tête et dans le cou. Il peut provoquer çà et là des sensations de brûlure et des démangeaisons. Si ces taches se multiplient, c’est le signe que la maladie se répand dans l’organisme. En Suisse, on constate chaque année entre 200 et 300 cas d’érythème migrateur.
Cette éruption cutanée s’accompagne de symptômes généraux similaires à ceux de la grippe: maux de tête, les douleurs articulaires et musculaires, fièvre et raideur de la nuque. La guérison spontanée et complète est encore possible à ce stade.

Au cours du deuxième stade, au bout de quelques semaines ou mois, différents organes internes peuvent en être affectés ainsi que la peau. Ce stade se manifeste par des douleurs articulaires, des troubles du rythme cardiaque, par une augmentation du volume des ganglions lymphatique, des inflammations  neurologiques et des paralysies. Il peut aussi arriver qu’il se produise une méningite, plus fréquemment chez les enfants que chez les adultes.

Au stade 1 ou 2, donc au bout que quelques semaines, on observe parfois déjà des symptômes neurologiques et une inflammation du muscle cardiaque (voir plus loin).

Le troisième stade (tardif) qui survient au bout de quelques mois ou de quelques années, se caractérise par une peau de parchemin (érythème associé à une atrophie progressive de la peau),  des inflammations chroniques des articulations et  du myocarde, des atteintes nerveuses et cérébrales, des affections rhumatismales, des paralysies.

Syndrome post-Lyme: Il est rare que malgré une thérapie aux antibiotiques bien appropriée, il persiste après une infection par des Borrelia ce qu’on appelle le syndrome post-Lyme. Les éléments qui le caractérisent sont des douleurs dans les articulations, les muscles ou les nerfs, des troubles de mémoire et de la fatigue.

Méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE)

Dans les deux tiers des cas, cette maladie virale ne présente pas de symptômes. Il arrive qu’au bout de 4 jours  ou de 3 semaines après la contamination, le malade présente  les symptômes de la grippe qui disparaissent au bout de quelques jours. La guérison peut être complète. Mais pas dans tous les cas. Parmi les personnes infectées, chaque septième subira, après un court intervalle de rémission apparente, une inflammation des méninges et de l’encéphale avec forte fièvre, troubles de la conscience, maux de tête, hypersensibilité à la lumière, vertiges, raideur de la nuque, parfois paralysie des nerfs et crises d’épilepsie. Des maux de ventre, de la diarrhée et des vomissements accompagnent cette phase de la maladie qui peut durer des semaines et des mois. La mortalité est importante. Elle est de 1%, par contre les enfants bénéficient la plupart du temps d’une évolution favorable avec guérison.
Selon la gravité de l’évolution, le patient peut garder des maux de tête, de la fatigue, des restes de paralysie au visage et les bras et les jambes ainsi que des modifications psychiques

Entre 2004 et 2006 le nombre annuel des cas signalés  a plus que doublé en Suisse. L’augmentation la plus significative a été enregistrée dans les cantons de Nidwalden, Vaud, Fribourg, Berne et Lucerne. Il est vrai que le nombre d’infections a de nouveau nettement diminué en 2007.
Il n’existe pas de traitement spécial pour cette maladie, on peut seulement combattre les symptômes. Raison pour laquelle l’OFSP/BAG recommande la vaccination préventive contre les virus de la MEVE à toutes les personnes (les enfants à partir de 6 ans), qui vivent dans une région endémique ou une région à risque voir (Prévenir).

Que peut-on faire?

  • Les piqûres de tiques sont indolores et ne sont souvent même pas remarquées. Après un séjour où l’on soupçonne la présence de tiques infectées, il faut bien examiner toutes les parties du corps, également les cheveux des enfants.
  • Lorsqu’on a douvert une tique il faut l’extraire la tique à l’aide d’une pincette ou d’une pince à tique (disponible en pharmacie) que l’on enfonce le plus profondément possible dans la peau avant de tirer doucement jusqu’à ce que la tique se détache. La pince à tique a une forme spéciale qui n’écrase pas l’abdomen de la tique ce qui permet d’éviter des agents pathogènes supplémentaires ne pénètrent dans l’organisme pendant la manipulation. Il faut ensuite désinfecter l’endroit de la morsure. La pince à tique est en matière plastique. Si l’on ne dispose que d’une pincette métallique, il faut la chauffer au préalable (dans la main ou à l’eau tiède),  car le froid ainsi que le fait d’écraser son abdomen incitent la tique à vider les agents pathogènes dans la circulation sanguine de l’organisme humain.

Comme les Borrelia ne sont transmis qu’à la fin de l’opération de succion, le fait de découvrir et d’éliminer rapidement la tique peut  nous épargner une infection bactérienne. Les virus de la MEVE par contre peuvent déjà se transmettre au début de la succion.

Il faut absolument renoncer à mettre de l’huile ou de la colle sur la tique. Il faut aussi éviter de la presser ou de la coincer, car cela l’incite à vider sa salive infectée dans la peau.

Quand faut-il consulter?

Une consultation s’impose lorsque la tique n’a pas été enlevée complètement et en cas d’infection probable par les Borrelia ou les virus de la MEVE. Les parties de la tique restées dans la peau se reconnaissent au point noir qu’elles forment sous la peau et qui tombent d’elles-mêmes.

On peut soupçonner une borréliose dès que la rougeur de la peau au centre de la piqûre dépasse les 5 mm et que la rougeur dure plus de trois jours. La même chose est valable à l’apparition de symptômes généralisés douteux après une morsure de tique, même si cette morsure a eu lieu deux ou quatre mois en arrière. Il se peut que cela cache une infection passée inaperçue jusque là.
La borréliose se traite aux antibiotiques, surtout pour éviter les complications (inflammation du myocarde, symptômes neurologiques). Il faut débuter la thérapie dès que l’on constate un érythème migrateur ou d’autres symptômes de la borréliose. La plupart des patients réagit bien au traitement, mais jusqu’à la disparition complète des signes de la maladie, il peut se passer quelques mois.

Les antibiotiques n’ont aucune efficacité contre les virus de la MEVE, car il s’agit d’une infection virale. Les autres traitements consistent à combattre les symptômes en faisant baisser la fièvre et en administrant des médicaments pour soulager la douleur.

Prévenir

Le meilleur moyen pour se protéger contre les morsures de tique consiste à éviter de s’exposer. Il existe cependant quelques mesures de prévention.

  • Vêtements: Il faut couvrir les surfaces de peau menacées, en particulier les bras et les jambes, afin d’empêcher les tiques de s’y fixer. Il faut donner la préférence à des étoffes lisses et de couleur claire, car les tiques auront plus de difficultés pour s’y fixer et peuvent plus facilement être repérées. On peut en plus traiter ces habits à l’aide de produits de protection contre les tiques.
  • Pulvériser à l’aide de sprays des produits répulsifs sur les parties exposées (mains, cou).
  • Eviter les sous-bois pour la randonnée ou le jogging, surtout lorsque l’on porte des culottes courtes.
  • Après une excursion, il est recommandé de faire un examen  de tout le corps pour y déceler  la présence de tiques.
  • Vaccination contre le virus MEVE: Recommandée par l’OFSP/BAG à toutes les personnes vivant dans des régions à risque, en particulier lorsque le danger d’infection est élevé (lors de courses d’orientation, de jogging,  pour les travailleurs forestiers, les enfants dans les aires de jeu et les parcs). La vaccination de base comprend trois injections en l’espace de quelques mois et obtient un degré de protection très élevé. Le rappel n’est nécessaire que tous les 10 ans. Dans les régions endémiques, le coût de ces vaccinations est pris en charge par l’assurance de base.
    Il n’existe pas encore de vaccin contre la borréliose.

Weiterführende Informationen, Adressen

 

  • Office fédéral de la santé publique (OFSP/BAG)
    3003 Berne
    Tel. 031 322 21 11
    www.bag.admin.ch
  • www.borreliose.ch
    Groupes d’entr’aide sur le thème Lyme-Borreliose

Auteurs: Dr Ute Hopp, PD Dr Jürg Baltensweiler
Traduction: Gérard Gullung
Illustrations: Monsieur Eduard Imhof, PD Dr Jürg Baltensweiler

mis à jour:  11.04.2016

 
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