Burn-out parental: quand l’épuisement devient permanent
La parentalité est une expérience gratifiante, mais aussi exigeante. Entre le travail, la vie familiale, le ménage et les besoins des enfants, il reste souvent peu de temps pour se reposer. Lorsque l’on dépense plus d’énergie qu’on ne peut en récupérer sur le long terme, le risque d’épuisement augmente.
Questions fréquentes sur le burn-out parental
Le burn-out parental est un état d’épuisement chronique qui est spécifiquement lié à la parentalité. Les personnes concernées se sentent épuisées émotionnellement, perdent de plus en plus le plaisir de la vie familiale et ont l’impression de ne plus être à la hauteur.
Les signes typiques sont:
- épuisement persistant
- irritabilité, impatience et manque de joie
- problèmes de sommeil
- troubles physiques
- sentiment de vivre en mode automatique
- sentiment de distance émotionnelle vis-à-vis de son enfant
- possibilité d’apparition d’addictions
En outre, de nombreuses personnes se replient sur elles-mêmes, doutent de leurs capacités de mère ou de père ou s’éloignent de leur partenaire.
Les mères sont plus souvent concernées que les pères. Elles assument encore souvent une grande partie de l’organisation familiale et de ce que l’on appelle la charge mentale, soit le travail invisible de planification et d’organisation dans le quotidien familial. En principe: les personnes qui assument la plus grande partie des tâches familiales et de prise en charge sur le long terme présentent un risque accru de burn-out parental.
Le stress fait partie du quotidien et disparaît en général quand la charge s’allège. Le burn-out parental se développe progressivement sur une longue période. L’épuisement persiste, et les ressources personnelles ne permettent de plus récupérer suffisamment.
Quand la parentalité devient un fardeau permanent
Un quotidien stressant avec des enfants n’est pas forcément synonyme de burn-out parental. «Un burn-out parental survient lorsque les difficultés quotidiennes dépassent les capacités personnelles sur le long terme et qu’il n’est plus possible de se reposer suffisamment», explique la psychothérapeute zurichoise Angela Häne. «Beaucoup de personnes concernées décrivent un épuisement écrasant. En même temps, elles se sentent agitées intérieurement et constamment sous tension.»
Conséquences physiques
Les conséquences ne se manifestent pas uniquement sur le plan psychologique. Des troubles physiques tels que des maux de tête, des maux de dos, des tensions, des problèmes de digestion ou des troubles du sommeil peuvent aussi être le signe d’un burn-out parental. Des tâches accomplies sans problème avant semblent soudain pratiquement impossibles à accomplir.
Pourquoi un burn-out parental survient-il?
Un burn-out parental a rarement une seule cause. Bien souvent, plusieurs facteurs de stress entrent en jeu: manque de sommeil, attentes élevées envers soi-même, manque de soutien, soucis financiers ou difficultés à concilier vie familiale et vie professionnelle.
Perfectionnisme
Le perfectionnisme peut aussi jouer un rôle. De nombreux parents se mettent la pression pour être aussi parfaits que possible dans tous les domaines de leur vie. «Beaucoup de personnes concernées commencent une thérapie avec l’espoir de pouvoir faire encore mieux», explique Angela Häne. «Or, il s’agit souvent non pas de faire plus, mais moins.» A cela s’ajoutent les attentes sociétales: les parents doivent être affectueux, patients, performants sur le plan professionnel, en bonne forme physiquement et disponibles à tout moment. Cette exigence est difficilement réalisable et peut, à long terme, conduire à un surmenage.
Manque de soutien
Le manque de soutien constitue un autre facteur de risque. Autrefois, les grands-parents, les proches ou les voisins étaient souvent davantage impliqués dans la garde des enfants. Aujourd’hui, de nombreuses familles gèrent en grande partie seules leur quotidien.
Demander de l’aide n’est pas un échec. Il ne faut pas hésiter à en demander: médecin de famille, gynécologue, amies, beaux-parents, voisinage ou baby-sitter.
Que faire dès les premiers signes?
Plus les signaux d’alerte sont détectés tôt, plus il est possible d’agir. Souvent, de petits changements suffisent déjà à alléger la situation.
Les stratégies suivantes peuvent aider
- Remettre en question son perfectionnisme et revoir ses exigences.
- Répartir les tâches et les responsabilités de manière équitable.
- Accepter le soutien de son entourage.
- Prévoir régulièrement des pauses.
- Faire de l’activité physique et passer du temps dans la nature.
- Veiller à dormir suffisamment et à donner la priorité au repos.
- Prendre au sérieux ses propres besoins.
Ce qu’il faut absolument retenir: ne pas considérer le repos comme une récompense. Si l’on attend d’avoir terminé toutes ses tâches, on risque de ne jamais trouver de temps à se consacrer à soi-même.
Les enfants n’ont pas besoin de parents parfaits. Faire de son mieux est suffisant.
Quand faut-il demander une aide professionnelle?
De nombreux parents ne cherchent de l’aide que lorsque la charge devient presque insupportable. La honte joue souvent un rôle dans ce comportement. Pourtant, personne ne devrait affronter cette situation seul/e. Vous devriez demander une aide professionnelle au plus tard lorsque l’épuisement persiste, qu’il compromet votre qualité de vie ou que des signes de dépression apparaissent.
Ces services offrent une aide en cas d’épuisement:
- Médecins de famille
- Psychothérapeutes
- Centres tels que Pro Juventute, qui proposent des conseils pour les parents